« SheratonGate » : le secret du Million de dollars

Justifiant le virement de la somme de 1 million de dollars, reçue dans le compte du ministère des Affaires étrangères à la STB, Manar Skandrani, conseiller du ministre Rafik Ben Abdessalem, a fait savoir, aujourd’hui sur Mosaïque FM, que cette somme correspond à un don provenant du ministère du commerce chinois en prévision d’un congrès arabo-chinois devant se tenir en Tunisie.

Le montant de ce don a été viré directement au compte du ministère suite à la demande du gouvernement chinois qui a exigé que l’opération reste secrète et ne soit pas révélée aux tiers. D’après le conseiller, les Chinois ont requis la discrétion pour ne pas être sollicités par d’autres pays pour la même cause.

Si c’est la vraie raison, elle ne peut pas être prise au sérieux. Car dans les usages de la coopération internationale, il n’est jamais arrivé qu’un pays impose la discrétion aux dons qu’il accorde. En outre, l’octroi d’un don international ne procure aucun droit acquis. Il est, en effet, impensable qu’un Etat exige un don auprès d’un autre Etat au motif qu’il existe des antécédents.

En d’autres termes, chaque pays est libre dans ses relations extérieures d’accorder ou de refuser d’accorder des aides et des dons à ses partenaires.
S’agissant de la préservation de la confidentialité de l’opération, le transfert du montant dans le compte du ministère n’exclut pas le risque de transgression du secret bancaire peut toujours survenir. A l’inverse, l’adoption du circuit normal n’implique pas forcément la divulgation de l’information confidentielle aux tiers.

Cette supposition en vertu de laquelle le gouvernement chinois appréhende que d’autres pays le sollicitent pour l’obtention d’aides financières n’est pas tout à fait convaincante. Seulement, aussi peu convaincante soit-elle, elle est beaucoup moins dangereuse que d’autres hypothèses qui poussent à réfléchir. On peut, en effet, penser à un deal répréhensible, une contrainte ou même une interdiction réglementaire qui aurait suggéré la dérogation aux procédures en vigueur pour contourner les obstacles et occulter l’opération.

En conclusion de son intervention sur la question, Manar Skandrani a indiqué que les révélations de Olfa Riahi concernant l’opération peuvent avoir des répercussions sur les relations de la Tunisie avec la Chine. Il a affiché des craintes quant aux éventuelles réactions du gouvernement chinois.

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