Sidi Bouzid : la gauche pointée du doigt… comme à Siliana !

La « parade » des gouvernants « légitimes » de la Tunisie actuelle n’a pas réussi aujourd’hui à Sidi Bouzid. Le président de la République et le président de l’Assemblée Nationale Constituante ont été accueillis à coups de pierres et de divers légumes par les habitants de la ville qui a servi de déclencheur à la révolution tunisienne. En revanche, le Chef du gouvernement s’est intelligemment abstenu pour cause de maladie attrapée subitement et qui l’aurait rendu indisponible pendant deux jours.

Malgré les promesses faites par le président Moncef Marzouki aux présents, les huées se sont poursuivies obligeant les gouvernants à quitter la scène.

On ne peut certes soutenir ou avaliser un tel comportement dans la mesure où il porte atteinte à l’image de l’Etat. Mais, lorsque cet Etat ne parvient pas à trouver les solutions idoines pour alléger les souffrances des populations concernées et mettre en œuvre au moins quelques décisions palpables, ses représentants ne peuvent plus se prévaloir éternellement de la légitimité électorale dont ils se gargarisent. Car la légitimité réside dans la réussite des gouvernants à satisfaire les revendications populaires.

Et encore une fois, les Islamistes d’Ennahdha font assumer la responsabilité de cette colère aux autres sans l’ombre d’une quelconque autocritique sur leur échec dans le traitement des questions socio-économiques. Car, le bureau d’information de la section régionale d’Ennahdha à Sidi Bouzid ont accusé clairement les « communistes anarchistes » et les « résidus de l’ancien régime », qualifiés de contre-révolutionnaires, d’être derrière ces incidents « innocentant » les citoyens de la région et appelant à leur dénonciation par l’ensemble des partis politiques et de la société civile et à la sanction de ces actes de protestation conformément à la législation en vigueur.

Sans connaître ceux qui sont derrière ces actes, comme nous l’avons déjà dit inacceptables dans leur forme, ils ne font qu’exprimer un ras-le-bol général déjà exprimé dans une autre ville du pays quelques semaines auparavant, à Siliana. Là aussi, les gouvernants et leurs laudateurs avaient accusé à l’époque, à tort d’ailleurs, les gauchistes et l’UGTT d’être derrière ces protestations. Or, il s’est révélé que toute la ville était mécontente.

Aujourd’hui, toute la ville Sidi Bouzid était sûrement mécontente. Car, ils n’ont rien vu venir de cette révolution que ses martyrs avaient initiée…

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