Ennahdha et les Salafistes : la trêve

Les incidents de l’Ambassade américaine du vendredi 14 septembre dernier n’ont pas cessé de connaitre des retombées qui ont une implication directe sur la vie nationale. La première conséquence a été cette mise en cause de la responsabilité du ministre de l’intérieur et du gouvernement qui n’ont pas réussi à sécuriser la mission diplomatique US. Cet échec s’est poursuivie avec celui lié à l’arrestation de certains leaders du mouvement salafiste considéré comme les présumés coupables de ces incidents, notamment Abou Yadh. Ce dernier a, en effet, échappé à la vigilance des forces de sécurité en pleine capitale après avoir prononcé un prêche au milieu de ses fidèles.

Ce défi lancé au visage de la crédibilité de l’Etat a amené les autorités à lancer une opération pour tenter d’arrêter certains activistes salafistes.

Mais, voilà, nous nageons ici en pleine incertitude !

En effet, on peut relever des déclarations contradictoires émanant des dirigeants d’Ennahdha et des membres du gouvernement appartenant au même courant islamiste.

Si Samir Dilou, porte-parole officiel du gouvernement, affirme, dans une interview à un hebdo français, la détermination du gouvernement de lutter contre les Salafistes et de sanctionner tous ceux qui utilisent la violence ; le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, est allé dans le même sens avant de se rétracter.

Car, des contacts entre Ennahdha et les Salafistes auraient eu lieu pour s’accorder sur un apaisement, les Salafistes s’engageant à éviter des manifestations, les nahdhaouis à renoncer au mandat d’arrêt lancé contre Abou Yadh et à libérer les militants déjà arrêtés. Il semble que certains prévenus arrêtés auraient été déjà libérés (on parle de la libération de six militants salafistes, mais aussi à accorder des réparations aux familles des victimes des manifestations du 14 septembre.

Il est clair que les gens d’Ennahdha ne peuvent pas, pour des considérations idéologiques, se permettre de sanctionner des militants islamistes comme eux. Ce serait une décision contre nature et qui agirait contre eux. Mais, pour l’Etat, il s’agit d’un véritable revers qui risque d’avoir encore des conséquences bien plus graves. Car, les membres du gouvernement sont-ils d’accord pour passer ce « deal » ou bien ont-ils été débordés par les « durs » d’Ennahdha qui leur auraient forcé la main !?

L’opinion publique a droit à connaitre la vérité !!!

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