Rached Ghannouchi se retourne contre les Salafistes dans un silence assourdissant du gouvernement !

Les agissements violents des salafistes n’ont pas fini de produire leurs conséquences sur la vie politique de notre pays tant ils ont porté atteinte à notre image et ont, surtout, mis en cause l’impuissance et l’incapacité d’un gouvernement ligoté par ses propres préjugés idéologiques et son attitude à l’encontre de ces groupes.

Les condamnations ont, en effet, fusé de toutes parts obligeant les Nahdhaouis à sortir de leur mutisme pour tenter de calmer le jeu et de rassurer, tant soit peu, à la fois les citoyens tunisiens et les partenaires étrangers.

Il faut dire que les critiques acerbes de l’opposition et surtout celles du leader de Nida Tounès, Béji Caid Essebsi, lors de sa conférence de presse d’hier ont été sans équivoque. Elles ont placé le gouvernement dans une situation fort inconfortable dans la mesure où il avait décrété sa fin pour une double cause, d’abord en raison de l’échéance du 23 octobre, et ensuite par son comportement laxiste à l’égard des ennemis de l’État et du pays, les mouvements salafistes violents.

Ce laxisme a été, par ailleurs, reconnu par Samir Dilou, porte-parole du gouvernement et ministre des droits de l’homme et de la Justice transitionnelle dans une interview accordée à l’hebdomadaire français « L’Express » dans lequel il a souligné la détermination du gouvernement à mettre fin à ce laxisme et à montrer plus de fermeté à l’encontre des groupes violents qui mettent en péril la sécurité des citoyens et la crédibilité de l’État.

Mais, la réaction la plus claire n’est pas venue, curieusement, du gouvernement, mais du leader du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi, qui dans une déclaration à l’AFP et alors que des craintes réelles de manifestations violentes planent sur Tunis pour cause de publication de caricatures en France par Charlie Hebdo, qui a estimé que « chaque fois que des partis, ou des groupes outrepassent d’une manière flagrante la liberté, il faut être ferme, serrer la vis » avant de poursuivre que « ces gens-là représentent un danger non seulement pour Ennahdha, mais pour les libertés publiques dans le pays et pour sa sécurité, c’est pour cela que tous nous faisons face à ces groupes, mais avec des outils respectueux de la loi. »

Cette réaction de Rached Ghannouchi vient-elle mettre fin à la lune de miel entre Ennahdha et les groupes salafistes dans le pays ou ne s’agit-il que d’une tentative de calmer les esprits et de rassurer un environnement national et international de plus en plus inquiet par la tournure prise par ces manifestations de violence fomentées par des groupes dont l’objectif demeure l’instauration d’un État islamique avec un strict respect de la Charia’a, objectif non avoué d’Ennahdha ?

Il est, peut-être, encore très tôt de répondre à cette interrogation capitale pour l’avenir du pays et de notre modèle de société qui ne plait guère aux islamistes de tous bords. Mais, il est certain que les islamistes, y compris ceux d’Ennahdha, sont de plus en plus isolés au sein de la société et tentent de reprendre l’initiative qui commence à leur échapper, voire leur échappe aujourd’hui d’une manière quasi-totale.

Il est, enfin, curieux que le chef du gouvernement, M. Hamadi Jebali, observe lui un silence total sur les derniers événements qui ont secoué le pays laissant au chef de son parti et son ministre de l’intérieur se prononcer sur la question.

Incroyable quand même !!!

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