En attendant la « proposition de loi pour la polygamie », un nahdhaoui s’en sort avec 2 femmes

C’est ce qu’a révélé l’avocate et militante Radhia Nasraoui, sur les ondes de la radio Mosaique FM. Selon la présidente de l’association de lutte contre la torture, la polygamie serait tolérée en Tunisie.

Radhia Nasraoui accuse un leader d’Ennahdha de s’être marié avec une seconde femme, durant ses années d’exil à l’étranger, alors qu’il était déjà marié avec une première femme en Tunisie. À son retour en Tunisie, après la fuite de Ben Ali, sa première femme aurait déposé une plainte contre son époux, auprès du tribunal de Nabeul, l’accusant de polygamie.

Bien que la polygamie soit un crime puni par la loi, le leader d’Ennahdha en question n’a pas été dérangé par la justice. L’article 18 du Code du Statut Personnel stipule que « quiconque, étant engagé dans les liens du mariage, en aura contracté un autre avant la dissolution du précédent, sera passible d’un emprisonnement d’un an et d’une amende ou de l’une de ces deux peines seulement, même si le nouveau mariage n’a pas été contracté conformément à la loi ».

Si, évidemment, aucune loi pour ou contre la polygamie n’est ‘encore’ proposée à l’ANC, les soupçons se confirment autour des vraies intentions du parti Ennahdha. On se rappelle déjà les déclarations de Rached Ghannouchi en août 2011, qui a plaidé indirectement pour la réinstauration de la polygamie, justifiant son recours pour résoudre des problèmes sociaux qui peuvent se poser, notamment en temps de conflit. Il a alors déclaré que les écoles primaires fermaient du fait du nombre de plus en plus petit d’enfants à scolariser, car les Tunisiens n’arrivaient plus à se marier et surtout, car le projet de société initié par Bourguiba et poursuivi par Ben Ali a échoué.

À l’heure où une grande manifestation se prépare ce soir, à l’occasion de la journée de la femme, et alors que le projet de l’article 28 de la constitution stipulant que la femme est le complémentaire de l’homme fait toujours débat, cette révélation de Radhia Nasraoui renforce le sentiment de crainte qu’ont plusieurs Tunisiens à l’égard du parti au pouvoir Ennahdha, et de ses intentions passéistes envers le statut de la femme en Tunisie.

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