Banana Republic

Il aura suffi qu’un constituant lâche l’expression «République bananière» pour mettre l’hémicycle du Bardo sens dessus dessous. Mahmoud Baroudi ne croyait pas si bien faire. Il a en fait mis à découvert les tonnes d’ignorance qui somnolent sur le similicuir vert de la Constituante. Il a secoué le déficit intellectuel, jusque-là insoupçonnable, de pas mal de ses collègues. Mais il a surtout montré que pas mal d’élus du peuple ont, peut-être, été élus par le peuple, mais ils ne représentent en rien le génie de ce peuple, ni son intelligence.

Le tollé que cette expression a soulevé, au départ, paraissait normal. On se disait que la Troïka ne pouvait pas supporter qu’on qualifie le pouvoir dont elle est détentrice de «République bananière» comme on qualifiait, auparavant, le régime de Ben Ali.

Mais devant la proportion que la chose a fini par prendre et les interventions houleuses qui ne manquaient pas de violence verbale et de propos fascistes appelant, presque, à la «lapidation» de Baroudi, un doute s’est glissé dans l’esprit de pas mal de téléspectateurs et également de constituants appartenant à l’opposition qui ne comprenaient pas le pourquoi de cette charge véhémente et disproportionnée contre Baroudi.

Finalement, tout le monde a fini par trouver : il n’y avait pas dans l’hémicycle beaucoup de gens qui saisissaient le véritable sens de «République bananière» et qui savaient que cela ne méritait pas une offensive de cette envergure.

Pour tout vous résumer, ceux que l’expression a dérangés parce qu’ils l’ont entendue pour la première fois l’ont assimilée à un sacrilège à un acte d’apostasie grave qui méritait qu’on lynche celui qui l’a prononcée.

Dans un jargon très simple, on appelle ça de l’ignorance et, ma foi, c’est la première fois qu’elle est hissée au sommet. Désormais, c’est du côté de la base, c’est-à-dire du peuple, qu’il faut chercher l’intelligence et le bon sens, pas du côté des gouvernants.

Imed BEN HAMIDA

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