Samir Bettaieb à l’Assemblée Constituante: « un ex-RCD derrière les événements de Mallahet Radès » !

Dans son intervention, aujourd’hui, à l’assemblée nationale constituante réunie pour discuter le projet de loi des finances complémentaire, Samir Bettaieb, député à l’assemblée et porte parole de la Voie Démocratique et Sociale, a insisté sur la nécessité d’activer les démarches dans le cadre de la justice transitionnelle et d’arrêter une fois pour toute la liste des corrompus et des personnes impliquées avec l’ancien régime dont des ex-RCD. A ce dernier propos, il a indiqué que les ex-RCD sont de deux catégories. Ceux qui n’y étaient adhérents que par peur de l’autorité ou par pragmatisme et cherchent aujourd’hui à se faire oublier, et ceux qui ont servi la dictature en l’aidant à réprimer les opposants et les militants des droits de l’homme et des libertés et espèrent refaire surface par divers moyens. Ceux-ci se sont introduits dans différents partis politiques de la gauche et de la droite soit pour mettre à leur disposition leurs pratiques miliciennes et continuer à profiter, soit pour se protéger contre les risques de poursuites et occulter leur passé scandaleux soit pour les noyauter dans un dessein contre révolutionnaire.

Pour illustrer ses dires, Samir Bettaieb a affirmé que derrière les événements de Mallahet Radès marqués par des sit in, des violences et la répression des manifestants, un ancien responsable d’une cellule du RCD est intervenue pour falsifier les résultats du concours de recrutement organisé par la STAM.

Le reste du récit est à reconstituer à travers des recoupements et des confrontations entre les faits et les bruits qui continuent à circuler autour de l’événement. Les candidats insatisfaits des résultats et des critères ainsi que leurs proches ont réagi par un sit in sur les lieux auquel se sont joints des personnes étrangères à la cité et non concernées, ni de près ni de loin, par les résultats de ce concours. Ils ont envahi les voies qui mènent au port de Radès, bloqué les activités dans la zone portuaire, agressé des usagers et des routiers puis menacé de faire exploser toute la région en s’emparant d’un camion qui transportait des bouteilles de gaz. L’intervention de la police a été jugée excessive et injustifiée.

Certains avancent que le sit in et les actes de violence qui l’ont accompagnés ont été l’œuvre d’anciens éléments de la milice du RCD. Ils étaient sous les ordres d’un ancien responsable du parti dissous. Ce responsable peut être cet ex-chef de cellule du RCD qui d’après Samir Bettaieb a adhéré à un parti politique sans le citer et a falsifié les résultats du concours de la STAM sans préciser comment. Mais on peut le deviner sans grande peine.

Les ex RCD qui sont habitués à changer de veste à chaque changement de responsables et d’autorité, se mettent toujours du côté du pouvoir soit par complexe soit pour bénéficier de largesses auxquelles ils ne sauraient accéder par leurs propres moyens. Pour ce faire, ils sont prêts à commettre toute sorte d’actes répréhensibles pour faire plaisir à leurs maîtres. La falsification des résultats imputée à ce vieux chef de cellule du RCD peut lui avoir été dictée dans le but de provoquer le chaos comme elle peut avoir pour objectif de favoriser des candidats au détriment d’autres.

Cet événement, si les faits s’avèrent véridiques, est extrêmement dangereux sur les plans juridique et politique.

Juridiquement, la falsification et le recours à la violence représentent des délits punissables. Pour le cas de cette affaire, l’enquête judiciaire doit s’intéresser à ce volet des événements pour délimiter les responsabilités, arrêter les suspects et les dénoncer publiquement au lieu de se limiter à l’arrestation des manifestants.

Politiquement, ce scénario, une fois confirmée en tout ou en partie, démontre que contrairement au discours officiel, des ex-RCD sont en train de s’activer sur la scène politique non pas pour se plier aux objectifs de la révolution qui ne sert pas leurs intérêts mais pour torpiller le processus et se venger du peuple qui a évincé leur seigneur.

Doit-on, dès lors, continuer à tourner le dos à la réalité et pratiquer la politique de l’autruche au motif que le RCD depuis qu’il est dissous n’est plus menaçant ou être vigilants pour démasquer les anciens RCD qui, telle une bête abattue, peuvent être plus dangereux qu’ils ne l’étaient du temps de la dictature !

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