Le défi de l’UGTT : l’Avenue Bourguiba, le théâtre des manifestations du 1er Mai !

La marche écrasée du 9 avril par les forces de l’ordre et les milices de barbus venus spécialement pour mater les manifestants va laisser de profondes traces dans les esprits des citoyens qui rêvent de démocratie dans la Tunisie nouvelle, celle de la révolution qui a refusé la dictature après la conquête de ses libertés individuelles et collectives.

Aujourd’hui, les réactions des différentes parties démontrent la diversité de la manière d’appréhender la situation et cette interdiction de manifester sur l’Avenue Habib Bourguiba à Tunis.

Tout d’abord, il convient de signaler que sur un plan strictement juridique, une interdiction absolue d’exercer une liberté est illégale. Les juridictions administratives ont toujours annulé ce genre d’interdictions absolues.

Ensuite, la position d’Ennahdha, par la voix de son chef, a lancé ses flèches acérées vers « les partis politiques et les conseils de la révolution qui ont perdu les élections et qui veulent aujourd’hui déstabiliser le gouvernement. » Autrement dit, toute manifestation contre le gouvernement actuel est considérée comme une réaction hostile qui doit donc être traitée de manière répressive. Cette justification de la répression est extrêmement dangereuse pour un gouvernement qui n’est que provisoire et qui n’est pas là pour asseoir sa mainmise sur l’appareil d’État (par les nombreux changements opérés à la tête de plusieurs institutions administratives) mais pour gérer le pays jusqu’à la tenue des prochaines élections.

Enfin, la plus prestigieuse des institutions, l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens, a condamné énergiquement la répression de la manifestation, comme il l’avait déjà fait pour la manifestation des chômeurs, à la fois par les forces de l’ordre ou par les milices dont elle dénonce le danger qu’elles peuvent générer comme violence et sédition au sein de la société. Par ailleurs, l’UGTT s’est dit déterminée à défendre les acquis de la révolution, la jouissance et l’exercice des libertés publiques en faveur des citoyens et appelle surtout à ce que l’Avenue Habib Bourguiba, ainsi que les autres artères de la capitale, soient le théâtre des manifestations qu’elle organisera à l’occasion de la célébration du 1er mai !

Un défi lancé au visage du gouvernement par la puissante et historique centrale syndicale qui démontre qu’elle est en phase, elle qui a accueilli les manifestants au cours de la révolution, avec l’histoire sociale et politique du pays.

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