« Dégage » à Khaled Hosni !

La violence dans les espaces sportifs a laissé le sport tunisien dans « un point de non-retour », a déclaré samedi à la presse M. Tarek Dhiab ministre tunisien de la Jeunesse et des Sports en marge d’un séminaire sur la lutte contre la violence dans les stades. L’ex-ballon d’or africain (1977) a précisé qu’ »il est temps d’agir et de prendre des mesures radicales et dissuasives afin de réhabiliter notre sport ».

Malgré le huis clos, « les espaces sportifs publics ont subi des dégâts considérables à cause des actes de violence et de vandalisme qui n’ont pas cessé », a ajouté le ministre tunisien qui a indiqué, malgré tout, que le retour du public sera imminent.

Revenant sur la situation du paysage sportif dans nos contrées pendant le règne du régime déchu, le ministre a indiqué que « la précédente période était triste et pénible dans l’histoire de notre sport et dirigée par des personnes qui n’étaient là que pour défendre leurs intérêts personnels et ont fait du ministère une véritable vache à lait… ».

Le volet sécuritaire était également au centre d’intérêt des présents et invités à ce séminaire puisque le phénomène de la violence « cause non seulement de lourds dégâts matériels et humains, mais peut également ancrer chez les nouvelles générations la haine et la rancœur », a précisé, pour sa part, M. Ali Laârayedh, ministre de l’Intérieur.

Plusieurs intervenants ont pris la parole au cours de ce séminaire. L’intervention de l’ex-international tunisien et entraîneur, Khaled Hosni, a été des plus houleuses. Certains lui ont même réservé des « Dégage » lorsque le commentateur sportif de la chaine Al Jazeera a accusé certains responsables et dirigeants sportifs d’être derrière ces mouvements de violence et d’anarchie dans les arènes du sport.

Monsieur Laârayedh a dressé un bilan noir: 200 actes de violence sur tout le territoire (dont 25 à Monastir, 24 à Tunis et 20 à Sousse), outre 26 envahissements de terrain lors des rencontres avec 29 matches arrêtés et autant d’agents de l’ordre agressés alors que 16 arbitres ont été tabassés. Pour faire face à ces phénomènes, le ministre de l’Intérieur a proposé des solutions : « renforcer la sécurité à l’intérieur des espaces sportifs, améliorer leur champ d’intervention de manière plus rapide et multiplier les points de contrôle via des caméras dans tout le stade ». Il a oublié l’essentiel : la violence n’est pas un phénomène ‘cher’ au sport, mais il s’agit bel et bien d’un phénomène social dont il faut éradiquer depuis les racines. Le chômage, l’inégalité, la pauvreté, le favoritisme, le système éducatif et l’enseignement, l’absence de confiance… en voilà quelques-unes des raisons de ce monstre qu’est la violence.

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