Beji Caïd Essebsi n’aime pas les journalistes

Un des sujets épineux évoqués lors du débat entre le premier Ministre, Beji Caid Essebsi et des journalistes des chaines de télévision Nessma TV, Hannibal Tv et la télévision tunisienne nationale, de dimanche soir, a été celui de la répression brutale effectuée ces derniers jours par la police tunisienne.

Le premier Ministre en a profité pour rappeler que lorsqu’il a pris ses fonctions, la police était quasi inexistante.

Les agents se plaignaient de devoir porter la responsabilité d’actes qui leur avaient été ordonnés par leurs supérieurs. Malgré tout, la garde nationale a petit à petit repris son poste et la situation s’est améliorée.

Selon Beji Caid Essebsi, la réaction des policiers est justifiée. Elle est motivée par la présence de casseurs et la nécessité d’assurer la sécurité de nos concitoyens.

Il demande aux tunisiens et plus particulièrement aux journalistes de ne pas juger sur le simple fait que des personnes aient été tabassées. Il demande que les médias s’attardent également sur les raisons qui ont poussé les policiers à le faire. Il évoque des fauteurs de trouble venus délibérément provoquer les policiers, notamment en secouant vigoureusement les fourgons de la police.

Il assure que des excuses ont été présentées au photographe du journal La Presse, Fethi Belaid, qu’une « erreur » avait été commise et que c’était la seule. Il a ajouté que ces excuses, prononcées par le ministère de l’Intérieur, étaient une première mondiale.

Le premier Ministre a cependant avoué ignorer que 14 autres journalistes avaient été agressés par la police. Il ne s’est d’ailleurs pas attardé sur ce fait. Il l’a même banalisé.

L’attitude de Beji Caid Essebsi à l’encontre des journalistes et notamment de ceux qui l’interviewaient était très hautaine.

Il n’a pas arrêté d’accuser les journalistes d’amplifier la vérité et de la transformer : « d’une graine vous fabriquez une bombe », a répété à plusieurs reprises Caïd Essebsi.

Il semble considérer que les journalistes ne soulèvent pas les points cruciaux des situations qu’ils couvrent. Il l’a d’ailleurs clairement dit en leur reprochant à la fin du débat de ne pas avoir posé toutes les questions qui s’imposaient.

A en juger son comportement, on se demanderait presque si l’acharnement des policiers à l’encontre des journalistes, ces derniers jours, n’aurait pas été transmis, telle une contagion, depuis les hautes instances gouvernementales et notamment notre premier ministre vers les agents de la sécurité.

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