Les temps sont révolus, l’ère du libre et de l’Open Data approche à grands pas


La révolution est dans tous ses états dans les pays arabes. Ça n’a pas été uniquement une révolution sociopolitique en termes de satisfaction des demandes sociales et de réformes politiques mais aussi comme certains la nomment une révolution 2.0. Inspirée du web 2.0, une pratique par laquelle l’utilisateur devient actif et gère lui-même le contenu du web. Cette évolution du web qui a permis de décentraliser l’information et de responsabiliser les internautes en leur offrant la possibilité de créer et de partager l’information, a pesé lourd dans la chute des régimes de la Tunisie et de l’Égypte et jouera encore en faveur du reste des pays arabes.

Simple stratégie commerciale ou réel désir de changer le web, les avis divergent. Mais ce qui est sûr c’est que les utilisateurs y adhèrent en masse, entre blogs et réseaux sociaux. Un vrai désir de mettre la main à la pâte grandit chez les internautes chaque jour un peu plus. Mais si on regarde de plus près, ceci émane d’un sentiment de non transparence et d’un manque de confiance envers les vrais médias et envers les personnes qui ont été auparavant détentrices de l’information. Un souci de confiance s’est lourdement installé et beaucoup ont essayé depuis plusieurs années de combattre ce courant. Les partisans du mouvement Open Source ont souvent revendiqué le cloisonnement de l’information. Et les langues se délient chaque jour un peu plus depuis le 14 Janvier, Monji Khadraoui, membre de la commission nationale d’établissement des faits sur les abus, a démissionné la semaine dernière. Pour cause le choix de Microsoft pour gérer la plate-forme informatique de gestion et de stockage des données relatives aux enquêtes. M. Khadraoui revendique l’utilisation d’un logiciel propriétaire pour gérer les données de la commission.

Le boom des valeurs du libre dans le paysage informatique est devenu un vrai enjeu et un fait que les gouvernements ne peuvent plus passer à côté. L’implantation de plate-formes accessibles à tous et transparentes sera l’essence même d’une politique gagnante envers le peuple. Cette notion d’Open Data doit être sérieusement considérée par ces pays révolutionnaires dont les occupants cherchent la transparence et l’accès facile aux informations gouvernementales publiques.

Beaucoup l’ont compris États-Unis Royaume-Uni,Australie et Nouvelle-Zélande, disposent déjà d’un portail gouvernemental rassemblant les données publiques. Ce dernier ne permet pas uniquement d’offrir l’accès du simple utilisateur aux données en termes de statistiques, rapports et dates mais il évolue aussi dans le sens d’un moteur de recherche et d’un espace de dialogue entre les utilisateurs. La France vient aussi de passer le cap par l’officialisation du projet « Etalab » ayant pour but de créer un portail Web public pour consulter les informations publiques de l’État et de l’administration.

Un appel de la Communauté Tunisienne des logiciels libres auprès de ces contributeurs a été lancé afin de mettre en place une plate-forme de gestion électronique des documents afin de proposer une alternative à la commission nationale d’établissement des faits sur les abus. Une sorte d’archives tunisiennes accessibles par le web et interactives avec les utilisateurs. L’action doit être rapide mais surtout il va falloir assurer un suivi par la suite de cette plate-forme. La communauté devra s’organiser afin de mettre en place ce projet et puis assurer par la suite sa maintenance et sa gestion.

Pourquoi aller chercher loin quand les compétences tunisiennes peuvent assurer le travail. L’enjeu pour les institutions actuelles ne sera pas seulement économique en adoptant des solutions libres, et dont les gestionnaires seront sur le sol Tunisien mais surtout une histoire de confiance. Les utilisateurs tunisiens avertis cherchent plus de transparence et dénoncent les lois dictées par la firme Microsoft.

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