Entre émotion, joie et espoir: « les droits de l’homme sont de retour en Tunisie »

Hier après midi s’est tenu un point de presse aux locaux de la ligue tunisienne des droits de l’homme. Un rendez-vous donné aux journalistes afin de faire suite à la mission de solidarité, d’évaluation des besoins et d’accompagnement de la transition démocratique menée par une délégation de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme. Une mission qui s’est tenue du 5 au 7 février 2011 à Tunis. Cette délégation compte, dans ses rangs, de grands calibres: Mme Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH, Mr Patrick BAUDOUIN et Mr Sidiki KABA, Présidents d’Honneur de la FIDH et Mme Khadija CHERIF, Secrétaire générale de la FIDH.

Ce fut un grand moment pour tous les présents. Les locaux de la ligue tunisienne n’avaient pas été aussi pleins depuis plusieurs années avec les menaces et à la censure auxquelles ils faisaient face pendant l’ancien régime. Un point de presse qu’on a senti essentiellement tenu pour annoncer à la Tunisie et au reste du monde que la ligue tunisienne des droits de l’homme est de retour. Une ligue longtemps opprimée pour cacher les horreurs de cet ancien régime. Des excès en terme de torture, de bouches muselées, de droits de la femme réprimés et la liste est encore longue.

Il a principalement été question des rencontres et de leurs évaluations de cette ligue avec les membres de la société civile, des représentants de partis politiques ainsi que M. Gannouchi, premier ministre du gouvernement de transition. Beaucoup de contestations et un avis catégorique de la part de la délégation sur le fait que, malgré le communiqué du gouvernement qui spécifiait l’abolition de la peine de mort, la réalité est totalement autre. La peine de mort n’a toujours pas été abolie et la ligue ne compte pas en rester la.

La délégation a aussi insisté sur le fait que le travail des trois commissions doit être fait en coopération avec la justice Tunisienne. Ils ont insisté sur le fait que la justice à le pouvoir d’aider et d’apporter les réparations nécessaires. Cependant, dans l’impossibilité de rencontrer le ministre de la justice, la loi d’amnistie n’a pas pu être discutée. Des inquiétudes ont été émises sur la perte des archives et leur destruction par des personnes malveillantes. Ceci sera très pénalisant pour le travail des commissions et puis sur l’état sécuritaire du pays encore fragile et menacé par les milices de l’ancien pouvoir.

Le chemin est encore long. Cependant plusieurs autres organismes seront de la partie, notamment l’Association Tunisie des Femmes Démocrates (ATFD) et le Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT), afin d’assurer un passage démocratique qui garantisse les droits des tunisiennes et des tunisiens.

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