Un flou juridique autour de la nomination de Ghannouchi


Les tunisiens s’exclament et poussent des cris de joie. Le premier ministre Mohamed Ghannouchi devient le Président de la République par intérim suivant l’article 56 de la constitution. Ce dernier stipule qu’en cas d’empêchement provisoire, le Président de la République peut déléguer par décret ses attributions au Premier ministre à l’exclusion du pouvoir de dissolution de la Chambre des Députés.

Or selon plusieurs sources, le Président n’a pas délégué le pouvoir mais s’est caché pour le moment à l’étranger.

Après l’euphorie, les tunisiens se posent des questions sur l’avenir politique de leur pays. Ben Ali compte-t-il revenir ? Quelle est la limite de ce temps provisoire ? Pourquoi ne pas avoir appliqué l’article 57 de la constitution ? Un complot aurait-il été fomenté mais à quel dessein ? Comment est-il possible que Ben Ali soit parti sans être retenu, sans discours, sans explication ?

Les têtes doivent rester froides et le nouveau gouvernement provisoire doit s’exprimer avec plus de détails sur ses intentions. Le communiqué express qu’a fait Mr Mohamed Ghannouchi n’a pas donné toute la lumière sur l’organisation du pouvoir et la reconstruction du pays.

Le peuple ne pourra vraisemblablement plus accepter d’être l’objet d’un jeu politique. Pour qu’une ambiance pacifique soit établie et durable, le gouvernement doit mettre sur la table toutes ses cartes et jouer un jeu franc et honnête.

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