El Kamour : Tarek Haddad, le protestataire qui défie l’Etat !

Qui est Tarek Haddad ? Jusqu’à peu il n’était que le porte-parole du sit-in d’El Kamour, plusieurs fois arrêté et remis en liberté. Adepte des grèves, il s’est fat connaître comme étant le principal agitateur du sit-in d’El Kamour.

Depuis hier, il est devenu « négociateur en chef » pour avoir participé, en présence de deux députés de la région, de représentants des organisations nationales et nombre d’experts et de hautes compétences originaires de Tataouine, aux négociations directes qui ont eu lieu avec le gouvernement.

Une présence qui a choqué les Tunisiens. Que faisait-il à cette réunion de négociations directes alors qu’il est l’instigateur numéro un du blocage de la production pétrolière et gazière dans le sud du pays sous prétexte que le pétrole et le gaz appartiendraient à Tataouine ?

Car qu’on le veuille ou pas, Tarek Haddad est coupable d’avoir encouragé le blocage de la production pétrolière et gazière en tant que porte-parole du sit-in d’El Kamour. Blocage qui a causé des pertes financières colossales à la Tunisie et qui, surtout, menace l’avenir de plus de 2000 employés des sociétés pétrolières de la région.

Entre grèves de la faim, sit-in, protestations, manifestations, Tarek Haddad a toujours été au premier plan… Au point d’être reçu par le président de la République lui-même, Kais Saied, le 15 janvier dernier avec le statut de chef des protestataires d’El Kamour.

Quelques semaines plus-tard, Tarek Haddad optait de nouveau pour une escalade qui s’est traduite en juin dernier par un blocage total des routes principales à Tataouine et une grève sauvage de la faim.

La reprise du sit-in d’El Kamour avait conduit à des affrontements avec les forces de l’ordre et la situation avait alors dégénéré à Tataouine où, entre-temps les protestataires d’El Kamour avaient fermé les entrées menant au désert devant les véhicules des compagnies pétrolières.

A la suite de toute cette tension, Tarek Haddad est arrêté, mais une marche de protestation est organisée afin de revendiquer sa libération. Il sera libéré le 24 juin 2020, relâché en raison de son état de santé, ses avocats ayant présenté un dossier médical faisant état de ses maladies chroniques et de la crainte que son état de santé se détériore encore plus des suite de la grève de la faim.

Au fil des mois, Tarek Haddad s’est construit une réputation de négociateur en chef au point de devenir un véritable porte-parole pour les protestataires d’El Kamour. Au point aussi de s’exprimer dans les médias.

Cité par l’agence TAP, il avait réagit, en août dernier, aux propos du ministre de l’Energie, Mongi Marzouk en qualifiant son « offre » de mascarade et soulignant que la coordination d’El Kamour, restait « résolue à ne pas rouvrir la vanne de pompage de pétrole à El Kamour tant que leurs demandes demeurent insatisfaites ».

L’accord d’El Kamour conclu avec le gouvernement le 16 juin 2017, avait, à l’époque, réussi à rétablir l’ordre dans la région et permis un retour à la normale de l’activité pétrolière, après que le gouvernement avait promis la satisfaction des revendications brandies.

Cet accord prévoit en effet une allocation de 80 millions de dinars pour un fonds de développement et d’investissement dédié au gouvernorat de Tataouine, le recrutement de 1500 chômeurs au sein des sociétés pétrolières et 500 autres à la société de l’environnement, etc.

Un accord qui sera difficile à réaliser et Tarek Haddad le sait bien !

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