Tunisie : Plus de 15 mille employés du GCT menacés de chômage technique

Début juillet, le Groupe chimique tunisien (GCT) a officiellement demandé l’autorisation du gouvernement d’importer du phosphate. Inimaginable lorsqu’on sait que la Tunisie possède d’immenses ressources en phosphates !

Comment le GCT peut-il en être réduit à devoir importer du phosphate pour pouvoir fonctionner et honorer les commandes de ses clients alors que le phosphate du bassin minier est bloqué par une poignée de gens ?

Le ministère de l’Énergie, des Mines et de la transition énergétique a également tiré la sonnette d’alarme en annonçant que la production de phosphate a été bloquée pendant le mois de juillet ne dépassant pas le niveau de 36 mille tonnes en deux semaines.

Du fait de cette situation, le niveau des stocks des usines du Groupe Chimique Tunisien est tombé à son plus bas niveau, obligeant le complexe à arrêter complètement ses unités industrielles. Cette situation critique a conduit à l’incapacité du groupe à honorer ses engagements envers ses clients.

Désormais, ce sont plus de 15 mille agents et cadres travaillant au sein du Groupe Chimique Tunisien et ses filiales qui risquent de se retrouver en chômage technique « si le gouvernement n’intervient pas pour injecter les financements nécessaires pour le versement de leurs salaires ».

C’est ce qu’a affirmé, ce mercredi 29 juillet 2020, le secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, Mohamed El Borni Khemila, dans une déclaration à l’agence TAP. « Il se peut que ces agent ne reçoivent pas les salaires du mois d’août 2020 », a-t-il ajouté.

Le GCT compte six usines actives dans le secteur de la production d’engrais chimique, installées à Gabès, Sfax et Gafsa. Ces usines sont en arrêt depuis plusieurs semaines en raison de la rupture de stock du phosphate commercial fourni par les zones de production du phosphate à Gafsa.

Mais depuis plus de trois mois, des jeunes de la délégation d’El Ksar à Gafsa, observent un sit-in au niveau des lignes ferroviaires de Gafsa, qui permettaient le transport du phosphate vers les usines de production des engrais chimiques à Gabès et à la Skhira. D’autres mouvements de protestation sont observés au niveau des routes bloquant ainsi le transport terrestre des phosphates par les camions.

La société doit charger environ 16 tonnes/jour de phosphate dans les conditions normales vers ses clients, indique une source de la CPG. Car en dépit d’un accord signé le 20 juillet avec les protestataires, le transport du phosphate par train est toujours bloqué

En crise depuis 2011, le secteur du phosphate subit, depuis dix ans , des sit-in à répétition et la production, dans le bassin minier est freinée depuis une décade. Cette année, la production globale du phosphate a baissé de 17% depuis le début de l’année et jusqu’au 5 mai par rapport à la même période de l’année écoulée. C’est l’extraction des phosphates qui a été considérablement affectée par ces crises à répétition.

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