Mohamed Abbou : « Le gouvernement ne peut pas s’engager pour des augmentations salariales »

Le ministre d’Etat auprès du chef du gouvernement chargé de la Fonction publique, de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption, Mohamed Abbou, s’est exprimé ce mercredi 17 juin 2020 sur les prochaines augmentations salariales et la polémique qui enfle actuellement autour des récentes déclarations du chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh concernant une éventuelle réduction des salaires.

Invité sur les ondes de RTCI, Mohamed Abbou a tenu à tempérer les propos d’Elyes Fakhfakh. Rappelons que le chef du gouvernement a mis en garde, dimanche, contre la détérioration de la situation des finances publiques, « ce qui pourrait forcer le gouvernement de réduire les salaires et ne plus payer les pensions de retraite ». Une déclaration qui a poussé l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) à réagir, exprimant son refus total quant à cette idée.

Mohamed Abbou précise qu’Elyes Fakhfakh a utilisé le conditionnel. « Le chef du gouvernement a bien dit qu’on pourrait être amenés à réduire les salaires et non qu’on allait le faire. D’ailleurs il ne veut pas en arriver là ».

Selon Mohamed Abbou, Elyes Fakhfakh a dit d’une manière explicite que l’Etat ne pourra pas supporter des augmentations salariales. Le gouvernement a commencé à négocier avec ses partenaires sociaux et Abbou avoue que c’est difficile. « Le gouvernement ne peut pas aller dans des augmentations salariales même s’il a commencé à négocier dans ce cadre précis », a-t-il répété.

Signalant que le gouvernement ne peut pas refuser de négocier, il insiste sur l’impossibilité d’accorder prochainement des augmentations salariales générales qui nécessiteront au moins une enveloppe de 300 millions de dinars.

Il précise également que tout cela est dicté par une conjoncture difficile due notamment à la crise sanitaire mondiale. Il évoque un problème de prévisions. « On ne sait pas combien il y aura de touristes cette année, à titre d’exemple ». Ce n’est pas idéal pour se projeter dans l’avenir, fait-il savoir.

Rappelons qu’hier, la porte-parole du gouvernement, Asma Shiri est revenue sur la déclaration du chef du gouvernement, indiquant que « la question n’est pas sur les agendas du gouvernement et ne fera pas partie de ses plans, d’autant plus que le chef du gouvernement a juste voulu provoquer un effet de choc ».

La responsable a toutefois expliqué qu’actuellement parler de majoration salariale ne pourrait pas se faire au vu de la situation économique du pays.

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