Face au flou qui l’entoure, l’UGTT demande des explications sur le dossier Tunisair

Grosse polémique autour de la compagnie aérienne Tunisair qui continue de faire parler d’elle. Une compagnie au bord de la faillite et lâchée par l’Etat si l’on en croit les dernières déclarations du PDG de Tunisair, Elyes Mnakbi et du ministre du Transport Anouar Maarouf ! L’UGTT exige des clarifications !

Tunisair va très mal ! Tout le monde s’accorde à le dire. Le spectre de la faillite plane sur le transporteur national, selon son PDG Elyes Mnakbi, qui n’a pas hésité à déclarer que la compagnie souffre de difficultés financières qui menacent sa pérennité.

Selon lui, une aide de l’Etat à hauteur de 100 millions de dinars est nécessaire mais la situation des finances publiques ne le permet pas, lui a-t-on fait savoir alors que Tunisair a présenté au ministre des Transports et de la Logistique Anouar Maarouf un plan de sauvetage urgent à ajouter au plan de restructuration signé en mai 2019.

Hier, mardi 2 juin 2020, Anouar Maarouf a toutefois indiqué sur les ondes d’Express Fm que l’Etat ne délaissera pas Tunisair, même si la compagnie a enregistré des pertes estimées à 900 MD en 2017 et pouvant dépasser 1 milliard cette année. Selon lui, l’Etat doit sauver Tunisair et garantir sa survie sauf que la compagnie doit être bénéficiaire.

Il a fait savoir que pour sauver Tunisair, il faut injecter 1 milliard de dinars avant de lancer que l’Etat n’injectera ce montant que s’il est sûr du retour sur investissement.

La veille, le ministre du Transport, confirmait à Al-Araby al Jadid, que l’Etat n’assurera aucun soutien financier à Tunisair et que la compagnie est appelée à compter sur ses ressources pour sortir de la crise et relancer son activité.

Ces déclarations ne correspondent pas au plan de sauvetage mis en place par l’ancien gouvernement de Youssef Chahed qui a prévu de débloquer des fonds pour restructurer la compagnie.

Les indicateurs d’activités, publiés, le 29 mai 2020 par la compagnie aérienne nationale montrent que les revenus de Tunisair ont connu une baisse significative au cours du premier trimestre.

Ils se sont situés à 220,5 millions de dinars (MD), à la fin du premier trimestre 2020, en baisse de 28%, par rapport à 2019. Un fléchissement du notamment à la baisse du nombre d’heures de vol, passant de 917 heures (dont 184 d’heures de vol louées), à 544 heures, et à la régression du nombre de passagers transportés à 548 mille en mars 2020, contre 781 mille en mars 2019.

Tunisair a, de fait, été très impacté par la crise du coronavirus, le confinement et la fermeture des frontières. La compagnie nationale devrait faire face à des pertes estimées à 150 MD sur son chiffre d’affaires annuel total de 1500 MD, et ce durant les mois de mars et avril.

Le plan de restructuration de Tunisair demande la mobilisation de 1,3 milliard de dinars. Ce montant servira en priorité à renouveler la flotte de la compagnie par l’acquisition de nouveaux appareils, et des équipements terrestres qui doivent être renouvelés.

Dans ce brouhaha autour de Tunisair, le bureau exécutif de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) vient d’afficher sa position, qualifiant d’abord les déclarations du ministre du Transport relatives à la cession de Tunisair d’irresponsables visant à rabaisser les établissements publics.

Le bureau a appelé, dans ce cadre, le gouvernement à éclaircir sa position à ce sujet et à appliquer l’accord du 22 octobre 2012 ainsi qu’à revoir, d’une manière participative, la situation de chaque institution.

Il a également appelé le gouvernement à apporter du soutien aux établissements publics stratégiques tels que ceux relatifs aux mines, à l’énergie, l’hydraulique, à l’agriculture et au transport, à travers un programme de réforme garantissant son caractère public, sa continuité et le paiement de ses dettes.

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