Nostalgies : Le vieil homme et les épices

Le mois de Ramadan a toujours été propice aux promenades dans les marchés. On y hume l’air du temps et on s’y nourrit par les yeux.

Les flâneurs sont ainsi fort nombreux qui se laissent transporter par les effluves de toutes sortes. Chaque parfum éveille les sens: le fumet du pain encore chaud, l’odeur fraîche des fruits sur les étals, l’arôme du café qui monte dans l’air saturé de senteurs.

J’ai toujours eu une prédilection pour les épiceries. Le mot est riche de sens car l’épicier n’est pas seulement celui qui travaille dans la proximité des familles. Il peut en effet être aussi bien herboriste à souk el Blat que revendeur de fruits secs à souk el Fakia.

Parfois, certaines échoppes font songer aux apothicaires d’antan qui connaissaient l’usage de chaque herbe ou chaque épice. En les observant, on ressent un peu de l’âme de nos villes.

Au seuil des épiceries, les agencements poétiques à souhait, interpellent le regard et parfois nos mémoires.

On pourrait qualifier ces étals de pittoresque. Je préfère l’adjectif « essentiel ». C’est le seul auquel je pense en admirant cette devanture de toutes les saveurs et en laissant mon souvenir recomposer une forêt de subtils arômes.

Décidément, même anonymes, certaines photos ont le don de vous saisir !

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