Mémoires du Ramadan : Des illustrés pour tromper l’attente

C’est connu: durant le jeûne, il faut savoir négocier les après-midis qui s’étirent à n’en plus finir jusqu’au fatidique coup de canon.

Dans la tradition, l’appel à la prière du Maghreb et un coup de canon annonçaient la rupture du jeûne.

Certaines villes entretiennent d’ailleurs cette coutume et il n’est pas rare d’entendre tonner le canon durant le mois saint.

A l’opposé, le personnage de « Boutbila » a repris du service ces dernières décennies. Selon cette tradition, un homme muni d’un tambour réveille les dormeurs pour les inviter à prendre une collation avant le début du jeûne.

Revenons à nos après-midis! Chacun les meublait à sa manière. Si les femmes étaient affairées en cuisine, ces messieurs ne savaient pas trop quoi faire.

Ainsi, pour mieux ronger son frein, les procédés étaient des plus nombreux. Certains se plongeaient dans la lecture des textes sacrés et renouvelaient le rituel chaque jour.

D’autres, entre sieste et écoute de la radio, s’abîmaient dans le temps virtuel de la somnolence.

D’autres encore lisaient les journaux ou bien des illustrés. Je garde ainsi des images d’adultes lisant les aventures de Pim Pam Poum ou d’autres héros en papier.

Ces souvenirs d’enfance ressemblent à mes ancêtres, drapés dans un burnous et plongés dans des lectures qui faisaient hiatus avec leur statut.

que voulez-vous, pour tromper le temps et la faim, chacun avait ses ficelles.
Quitte à se laisser envoûter par Mandrake, Le Fantôme ou Pépito!

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