Dignité ou rigidité : La Tunisie n’ira pas à Berlin

Dignité ou rigidité : La Tunisie n’ira pas à Berlin

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CP : Reuters

L’Europe s’est avouée surprise du refus de la Tunisie de participer à la Conférence de Berlin sur la Libye.

Les discussions pour leur part sont allées bon train sur les réseaux sociaux quant à la supposée non-invitation de la Tunisie à cette conférence.

La montagne d’échanges accouchera d’un refus de la Tunisie d’aller à Berlin, avec pour motif le fait que l’invitation aurait été envoyée trop tard.

Les observateurs continuent à se concerter. Les uns rappellent les usages diplomatiques. D’autres évoquent l’affaire du diplomate tuniso-allemand Kartass. D’autres reprochent à Kais Said le fait de ne pas avoir saisi une perche et une occasion.

Le politologue Hatem M’rad compte parmi ces derniers et évoque un original biais historique pour commenter le refus du président de la République de participer à la Conférence de Berlin.

M’rad écrit : « Dommage pour le refus de Kais Saïed et de la Tunisie de saisir l’opportunité de l’invitation de Merkel, même tardive, à la conférence de Berlin. Pragmatique et tenant compte d’abord des intérêts de son pays, Bourguiba aurait dit : je prends quand même et je négocierais le reste sur place.

Il faut rappeler qu’au Congrès de Vienne de 1814, qui a mis fin aux conquêtes napoléoniennes, la France, défaite et mise au ban, a été invitée tardivement, alors que les Vainqueurs (Metternich, Castlereagh) ont déjà commencé la négociation sans elle. Talleyrand, l’illustre diplomate, débarque à Vienne quelques jours après, en contestant d’emblée l’invitation tardive de son pays.

Et alors, il s’est mis à renégocier et à rejeter point par point les résolutions des puissances victorieuses en finissant par rétablir à la fin du Congrès la situation diplomatique de la France, alors même qu’elle était un pays vaincu. Même les Allemands, exclus du congrès de Versailles en1919, sont allés signer à la fin de la négociation le traité négocié sans eux. La diplomatie a horreur des chaises vides et de la fierté déplacée, et l’histoire a du bon ».

Rigidité ou dignité ? Chacun verra une attitude précise. Toutefois, au lieu de la chaise vide, la Tunisie aurait pu participer quitte à montrer sa réprobation en se faisant représenter par un diplomate de rang moindre. Et encore cela serait revenu à manquer cette rencontre au sommet impulsée par un pays ami de la Tunisie qui plus est compte parmi les soutiens les plus résolus à notre transition démocratique.

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