Ennahdha et Qalb Tounes : « Je t’aime… moi non plus ! »

Tout les oppose et pourtant ils seront peut-être obligés de « faire des affaires » ensembles. Ils se détestent, se haïssent même, et chacun ne cesse de répéter à qui veut l’entendre qu’ils ne s’allieront pas.

Ennahdha et Qalb Tounes, les vainqueurs des élections législatives ont pourtant signé un accord, le 13 novembre dernier, afin de favoriser l’élection de Rached Ghannouchi à la présidence de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Il a ainsi bénéficié de l’aide de Qalb Tounes, un parti, hier honni, mais aujourd’hui allié, semble-t-il !

Rached Ghannouchi et Nabil Karoui se sont lancés des accusations tout au long de la campagne électorale lors de l’élection présidentielle et lors des législatives. Le leitmotiv qui revenait à chaque fois dans la bouche du chef d’Ennahdha, c’est l’impossibilité de s’allier avec un parti comme Qalb Tounes sur lequel pèse des soupçons de corruption, selon lui.

Idem pour Nabil Karoui ! Le président de Qalb Tounes n’a jamais cessé de critiquer Ennahdha et a toujours répété que son parti ne s’alliera jamais avec Ennahdha, notamment en raison de son éventuelle implication dans des affaires de terrorisme, d’assassinats politiques, d’envoi de jeunes dans des zones de conflit…

Il y a une semaine, Rached Ghannouchi confirmait qu’Ennahdha ne participera pas à un gouvernement auquel le parti Qalb Tounes prendrait part même si le parti de Nabil Karoui reste au centre des concertations menées par le chef du gouvernement désigné par Ennahdha, Habib Jomli.

Comment alors interpréter toute cette empathie qu’ont les uns envers les autres alors qu’en coulisses les choses se passent autrement. Abdelhamid Jelassi, dirigeant du mouvement Ennahdha donne des éléments de réponse.

Evoquant les délais pour former le prochain gouvernement, il a indiqué, ce jeudi 27 novembre 2019, que ceux-ci seront respectés. Mais il a tout de même évoqué la possibilité d’un blocage.

« Si nous n’y parvenons pas, deux choix s’offriront à Ennahdha. Le premier sera de composer avec tout le paysage parlementaire, y compris avec Qalb Tounes et être francs avec nos électeurs sur la difficulté de la situation. Ce sera alors au président de la République de désigner un chef du gouvernement et nous nous placerons alors dans l’opposition », a-t-il notamment déclaré.

Sauf qu’au vu des concertations qui se déroulent actuellement, Qalb Tounes apparait en bonne position et on aurait du mal à imaginer que Habib Jomli, désigné par Ennahdha puisse outrepasser les directives d’Ennahdha sachant qu’il a déjà rencontré Nabil karoui à deux reprises.

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