La vogue des écoles coraniques : Détricoter l’héritage de Khereddine

C’est autour de 1873 que Khereddine Pacha, alors Premier des ministres de Sadok Bey, avait réalisé l’urgence de fonder un véritable système d’enseignement en Tunisie.

Désuet, immobile et anachronique, l’enseignement zeitounien de l’époque ne répondait plus aux exigences du siècle.

La masse des Tunisiens restait inculte, rarement scolarisée et n’obtenait que quelques rudiments en fréquentant kouttebs et yeshivas.

Avant Khereddine, Ahmed Bey avait pressenti ce besoin et fondé une école qui fera date dans l’histoire du dix-neuvième siècle tunisien.

Toutefois, en fondant le collège Sadiki, le grand ministre Khereddine ira plus loin et ouvrira la voie à un enseignement moderne.

Aujourd’hui, 150 ans plus tard, nous vivons une tendance inverse qui consiste à doubler le réseau des écoles républicaines d’un autre réseau constitué d’écoles coraniques.

Cette restauration qui ne dit pas son nom résonne comme une revanche du parti conservateur sur le parti moderniste et détricote un héritage qui remonte à Khereddine et aux premiers réformateurs.

L’attention pluridisciplinaire de nombreuses spécialistes est requise pour décoder, comprendre et analyser les enjeux de ce retour de manivelle et ses significations profondes.

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