A ne pas négliger : 24 mille Tunisiens ont voté blanc !

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L’instance électorale a annoncé hier mardi 17 septembre les résultats préliminaires du premier tour de l’élection présidentielle anticipée. Sans surprises, c’est Kais Saied et Nabil Karoui qui passent au second tour de la Présidentielle.

Mais dans la foulée des analyses, interprétations et pronostics pour le deuxième tour, les observateurs ont négligé le vote blanc des électeurs tunisiens.

En effet, outre les bulletins annulés dont le nombre a atteint 68.125, quelque 24.085 votes blancs ont été recensés, ce qui représente à peu près 0,7% des voix, bien plus que le taux obtenu par plusieurs candidats. Ce vote n’est pas vide de sens, dans la mesure où il exprime une prise de position adoptée par un grand nombre de Tunisiens.

Selon la loi électorale tunisienne, le bulletin blanc correspond à tout bulletin de vote ne contenant aucun signe de quelque nature qu’elle soit. Lors d’une élection, voter blanc consiste, donc, à ne voter pour aucun des candidats.

À mi-chemin entre l’abstention et la participation électorale, il est à différencier de l’abstention qui correspond à l’absence de vote et du vote nul, ou annulé qui représente un vote non valable. En Tunisie, les bulletins blancs ne sont pas retenus dans le calcul du quotient électoral.

Dans l’imaginaire des électeurs, le vote blanc exprime le refus mais surtout une remise en cause de l’offre politique existante et de son organisation. Ainsi, le vote blanc est celui des déçus « de l’offre politique ». Mais s’il traduit un « mécontentement » vis-à-vis de cette offre, il se distingue, soulignons-le, de l’abstentionnisme, une autre forme de protestation contre tout le système politique.

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