Cette Tunisienne de confession juive de retour à Djerba après 20 ans...

Cette Tunisienne de confession juive de retour à Djerba après 20 ans d’absence !

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En marge des festivités vécues durant deux jours à Djerba, à l’occasion de pèlerinage annuel de la Ghriba, nous avons rencontré Paola, une franco-tunisienne de confession juive, de retour sur l’île des rêves pour la première fois depuis 20 ans !

Alors vous êtes née à Tunis ?

Oui suis née à Tunis puis mariée à un monsieur de Sfax. Je me suis ensuite envolée en France, où j’ai vécu et eu tous mes enfants.

Paola

Vous visitez la Ghriba chaque année ?

Pas chaque année malheureusement. Mais nous avions envie de venir parce que nous aimons la Tunisie tout simplement, c’est mon pays d’origine !

Quand est-ce que vous êtes venue pour la dernière fois à la Ghriba ?

Il y a très longtemps, peut être même 20 ans. Chaque fois que nous venons en Tunisie, on visitait plutôt Tunis et Sfax.

Voyez-vous un changement entre la Ghriba d’aujourd’hui et celle d’il y a 20 ans ?

Alors non, je retrouve à peu près le même genre d’ambiance, avec l’orchestre, le folklore, l’encens. On retrouve les odeurs, les gens sont très gentils et très agréables. En plus de ça nous avons la chance de voir à quel point les communautés juive et musulmane sont capables de s’entendre et qu’il y a une source de paix qu’on ne trouve pas ailleurs.

Ceci nous encourage à revenir et à dire aux autres de venir. Parce que non seulement nous on vient mais on peut encourager d’autres personnes à venir visiter la Tunisie, même de très loin.

Donc cette fois-ci vous venez spécialement pour le pèlerinage de la Ghriba ?

Oui, nous sommes venus pour prendre part au pèlerinage, puis nous allons visiter également Sfax, ville d’origine de mon mari et Tunis. C’est un plaisir, c’est merveilleux on a un sentiment de bonheur, presque d’exaltation !

Comment voyez-vous la Tunisie après la révolution ?

Je suis partagée. Je n’ai pas eu l’occasion de vivre la révolution puisque ça fait au moins neuf ans que je suis pas venue en Tunisie, mais j’ai appris à connaitre la Tunisie poste-révolution à travers les journaux et ce qu’en pensaient les étrangers qui venaient séjourner ici. Je pense que l’ambiance était moins sereine, il y avait un peu d’insécurité, de crainte et de peur par rapport à tous ce que l’on entend.

Mais elle s’améliore un peu…

Amen ! Parce que la Tunisie ne sera jamais plus la Tunisie si elle ne s’améliore pas!

Propos recueillis par Imene Boudali

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