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Cannes 2019 – Le Prix Un Certain Regard pour « La vie invisible d’Euridice Gusmao »

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Le Prix Un Certain Regard pour le film La vie invisible d'Euridice Gusmao
Le Prix Un Certain Regard pour le film La vie invisible d’Euridice Gusmao

 

C’est hier soir que s’est achevée la compétition Un Certain Regard de la 72eme édition du Festival de Cannes.

Cette section Un Certain Regard a toujours été très intéressante parce qu’on y voit des films qu’il serait presque impossible de voir ailleurs. D’abord, souvent il s’agit de films venant de pays lointains et qui ne sont pas distribués dans nos contrées, ensuite il s’agit parfois aussi de films un peu particuliers, dont justement les réalisateurs ont un Certain Regard, ou un regard différent.

Cette année, la sélection des films était particulièrement belle : 18 longs métrages, dont 9 premiers films, venant d’Algérie, du Maroc, du Brésil, de la Corée, de France, des USA, du Canada, de Russie, de Chine et d’Espagne.

En tant que femme tunisienne, il est évident que ce sont les films Papicha de Mounia Meddour et Adam de Maryam Touzani qui ont eu le plus d’impact sur moi. L’un montre le combat de jeunes femmes qui luttent pendant les années noires algériennes pour leurs droits et libertés individuelles face à la montée de l’extrémisme religieux, et l’autre nous fait vivre la rencontre entre deux femmes, l’une mère célibataire et l’autre veuve, face au regard réprobateur de la société.

D’autres films, comme le taïwanais Nina Wu de Midi Z et le brésilien La vie invisible de Euridice Gusmao, réalisé par Karim Aïnouz sont aussi très touchants et concernent les droits des femmes. Le premier, inspiré de l’affaire Harvey Weinstein et le mouvement Metoo montre le chemin semé d’embûches des jeunes actrices pour pouvoir obtenir des rôles importants dans des films, et jusqu’où elles peuvent aller pour y arriver. Le deuxième raconte le destin complètement différent de deux sœurs, l’une mère célibataire qui se bat pour faire vivre son fils, quitte à passer par la prostitution et l’autre qui se laisse écraser par le poids de la vie quotidienne d’une bonne épouse tout en se battant pour réaliser son rêve de devenir pianiste.

La Chambre 212, réalisé par Christophe Honoré, bien qu’il traite du thème un peu usé, de l’infidélité conjugale et de la crise de la quarantaine, est intéressant par sa fraîcheur et sa forme. En effet, les deux protagonistes seront mis en présence de leurs propres personnes jeunes, et de personnes qui ont fait partie de leur passé. Une jolie confrontation avec son propre passé, son présent, ses rêves d’antan….

La vie invisible d'Euridice Gusmao
La vie invisible d’Euridice Gusmao

Présidé par la réalisatrice et actrice libanaise Nadine Labaki, le Jury qui était composé de l’actrice française Marina Foïs, de la productrice allemande Nurhan Sekerci-Porstuctrice, du réalisateur argentin Lisandro Alonso et du réalisateur belge Lukas Dhont a dévoilé son palmarès lors de la cérémonie qui s’est déroulée au Palais des Festival en présence des équipes des films en compétition.

«Le Jury tient à témoigner du grand plaisir qu’il a eu à s’immerger dans la diversité de cette sélection, diversité quant aux sujets traités, quant à l’approche cinématographique et à la représentation des personnages. Il a été pour nous très stimulant de voir côte à côte des réalisateurs qui maîtrisent si bien leur langage et d’autres qui suivent ce même chemin. Constater la présence de 9 premiers films fut pour nous une belle surprise et voyager à travers ces différents univers, un réel privilège. Le cinéma mondial se porte à merveille ! »

 

PRIX D’INTERPRÉTATION CHIARA MASTROIANNI pour CHAMBRE 212 de Christophe Honoré
Prix d’interprétation :  CHIARA MASTROIANNI pour CHAMBRE 212 de Christophe Honoré

LE PALMARÈS:

PRIX UN CERTAIN REGARD :A VIDA INVISÍVEL DE EURÍDICE GUSMÃO (LA VIE INVISIBLE D’EURÍDICE GUSMÃO) de Karim Aïnouz

PRIX DU JURY O QUE ARDE (VIENDRA LE FEU) de Oliver Laxe

PRIX INTERPRÉTATION CHIARA MASTROIANNI pour CHAMBRE 212 de Christophe Honoré

PRIX DE LA MISE EN SCÈNE KANTEMIR BALAGOV pour BEANPOLE (UNE GRANDE FILLE)

PRIX SPÉCIAL DU JURY LIBERTÉ de Albert Serra

COUP DE COEUR DU JURY (Ex-aequo):

MENTION SPÉCIALE DU JURY JEANNE de Bruno Dumont

Neïla Driss

Festival de Cannes 2019

 

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