La Troika, impliquée dans l’envoi de djihadistes en Syrie, selon Jacob Walles

L’ancien ambassadeur des Etats-Unis à Tunis, Jacob Walles (2012-2015) a participé récemment à une conférence organisée par le Washington Institute et axée sur les raisons qui poussent des milliers de jeunes tunisiens à aller faire le djihad en Irak et en Syrie.

Jacob Walles révèle notamment que la Troïka, alors au pouvoir en Tunisie, a collaboré avec les terroristes et aidé à l’envoi de djihadistes tunisiens en Irak et en Syrie. Selon lui, plusieurs facteurs ont favorisé la formation de groupes terroristes et l’envoi de djihadistes vers les zones de conflits.

A commencer par la situation politique en Tunisie en 2011. Il indique que la libération des prisonniers politiques dont d’anciens jihadistes dangereux, l’affaiblissement des forces de sécurité après le départ de Ben Ali, ont favorisé la radicalisation. Ajouté à cela, la politique menée par la Troïka, qui a toléré les activités jihadistes.

2900 djihadistes tunisiens envoyés au Proche-Orient

Tous ces facteurs ont facilité la formation de groupes extrémistes et le recrutement de candidats au djihad afin d’aller combattre en Libye, en Syrie et en Irak mais aussi d’organiser des attaques en Tunisie.

Selon Jacob Walles, la Troïka aurait envoyé 2900 djihadistes au Proche-Orient, sachant que 27.000 étaient destinés à partir. Tous ces djihadistes tunisiens «ont rejoint les rangs de Daech, Jabhat Ennosra, l’Amée islamique et d’autres groupes terroristes», affirme-t-il.

Conséquences fâcheuses

Les conséquences ont été fâcheuses. L’ancien ambassadeur US précise qu’Ennahdha et Ettakatol, ont d’abord permis à Ansar Achariâa et d’autres groupes de s’organiser et d’envoyer des djihadistes en Syrie. Puis, la Troïka s’est retrouvée confrontée à tous ces groupes radicaux lorsqu’ils ont décidé d’agir en Tunisie, fait-il savoir.

L’attaque contre l’ambassade américaine en septembre 2012, l’assassinat de Chokri Belaid puis celui de Mohamed Brahmi sont des conséquences de tout cela.

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