Pain pas très béni !

Pain pas très béni !

Par - Tunis-Hebdo

A Paris, les Tunisiens sont les Champions de la baguette, ils ont remporté pas mal de concours et même à l’Elysée, le pain présidentiel est pétri avec des mains tunisiennes. Cela va sans dire que les boulangeries tenues par nos compatriotes dans la Ville des Lumières ont les faveurs d’une bonne proportion des Parisiens.

En Tunisie, votre pain, majoritairement immangeable, est en passe de devenir un véritable nid de tout ce que l’hygiène et la santé réprouvent. Si vous êtes diabétique, hypertendu, cardiaque, sujet aux complications dues au cholestérol ou aux triglycérides, le pain sera votre poison mortel, vous l’ingurgiterez à petites doses insoupçonnables, qui, tel l’arsenic vous terrassera un jour ou l’autre.

Il n’y a aucune exagération dans nos propos et la liste des subterfuges utilisés par la plupart des artisans boulangers aussi crapuleux les uns que les autres en disent long sur l’impunité ambiante, la corruption et l’absence totale de toute forme de contrôle.

Bien évidemment, les autorités tiennent à éviter toute polémique sur la qualité du pain administré aux Tunisiens et, dans le même sillage, nutritionnistes, organisations de défense du consommateur ou services d’hygiène publique se partagent la culpabilité quant au silence qui entoure les conditions désastreuses et hyper-dangereuses dans lesquelles se fabrique le pain sous nos cieux.

Pourquoi notre pain est-il mortel ? La réponse est toute simple, plus on veut gagner de l’argent plus ça se répercute sur la qualité de nos baguettes et plus l’appétit du gain s’aiguise plus les boulangers ne reculent devant rien pour empoisonner leurs prochains. Tant qu’on renfloue ses caisses, au diable le citoyen, au diable la Santé publique et au diable l’Etat.

Evidemment, comme nous sommes dans un pays où les gouvernants ne font pas les liens de cause à effet, parce qu’ils s’en foutent éperdument des conséquences qu’un pain mortel a sur les dépenses de la santé publique, le boulanger empoisonne et les hôpitaux soignent. Belle équation !

Cela dit, sachez que les boulangers mettent du sucre dans le pain, de très grosses quantités de sucre, des fois cela a le goût d’un croissant ou d’une viennoiserie. Pourquoi ils le font ? Parce que le sucre n’est pas cher –contrairement à la levure– et qu’il constitue un adjuvant aux levains utilisés pour la confection du pain.

Sachez que certains mettent de l’aspirine et que les quantités de sel ajoutées sont les plus élevées de tout le bassin méditerranéen. Sachez que l’on arrive jusqu’à mélanger le pain rassis collecté dans les rues à la farine que l’on met dans les pétrisseuses. Sachez enfin, que pour alléger le poids du pain, on le pétrit à moitié et que cette opération fait qu’il ne cuit presque pas et demeure avec une mie pâteuse sujette à toutes les avaries.

Moralité : il n’est pas si béni que ça votre pain !

Imed BEN HAMIDA
Tunis-Hebdo du 03/12/2018

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