Un débat toujours esquivé : Quel bilan des huit ans d’Ennahdha au...

Un débat toujours esquivé : Quel bilan des huit ans d’Ennahdha au pouvoir ?

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Comment un parti idéologique a-t-il pu faire cavalier seul pour annihiler l’héritage d’un pays ? Pourquoi les islamistes, au lieu de réaliser les objectifs de la révolution, se sont-ils acharnés sur le legs que nous a laissé Habib Bourguiba ?

Comment, pris de névrose, ils ont laissé l’essentiel pour le petitement revanchard puis se retrouvent aujourd’hui en difficulté ?

Voulant à tout prix mettre à genoux l’Etat bourguibien, Ennahdha l’a noyauté, y introduisant plus d’une centaine de milliers de fonctionnaires qui déstabilisent le budget du service public.
Pire, Ennahdha a fait payer un tribut à l’Etat tunisien, comme si ce parti avait gagné une guerre contre un ennemi étranger.

Depuis que ce parti islamiste s’est emparé des commandes, l’essentiel de nos ressources est allé compenser ses affidés.

En effet, par une politique de compensations démesurées, les militants proches et lointains de ce parti ont été généreusement dotés de sommes parfois faramineuses.

La même démarche a été adoptée pour les caisses sociales gravement déstabilisées par un afflux massif de bénéficiaires n’ayant jamais cotisé et se retrouvant largement compensés.
Tous ces assauts contre les assises de notre administration ont fini par générer une quasi-catastrophe, pour le moment évitée de justesse.

Mécaniquement et iniquement, Ennahdha a mis à genoux les finances tunisiennes en agissant hors de toute logique, en inversant les priorités pour rassasier ses proches. Plutôt que de prendre le taureau par les cornes pour apporter le développement aux régions défavorisées et de l’emploi aux jeunes, Ennahdha a profité de son passage au pouvoir pour compenser ses militants et enfoncer l’Etat.

Où sont les potentiels commis de l’Etat dans les rangs du parti islamiste ? Pourquoi avoir suscité cet effet boomerang sur les finances publiques ?

La réponse à cette dernière question est cruciale. En effet, les théoriciens du mouvement islamiste oeuvrent pour l’effondrement de l’Etat de Bourguiba pour des motifs idéologiques.
Ces mêmes stratèges considèrent que toutes les ruses sont bonnes pour parvenir aux fins idéologiques d’un pouvoir islamiste. Mentir, dissimuler, se présenter comme modéré, professer le contraire de ce qu’on croit voire recourir à la menace: tout est bon pour arriver au but ultime.

Fruit de compromis, la Constitution de 2014 ne suffit pas à leur dessein. Ne s’attendant pas au sursaut républicain qui les avait renvoyé (provisoirement) dans l’opposition, les islamistes cherchent toujours le meilleur moyen pour saper notre modernité.

Plus grave, ils sont devenus des vecteurs de dépendance pour notre économie nationale qu’ils souhaitent brader au plus offrant.

Que diriez-vous d’une banque publique tunisienne qui se retrouverait dans le giron turc ou d’une compagnie aérienne nationale qui se retrouverait sous pavillon qatari ?

Ceci n’est qu’une boutade mais nul ne sait ce qu’il adviendrait de nos entreprises publiques si elles étaient cédées ou ouvertes à des capitaux étrangers.

La situation serait d’autant plus grave que le Trésor tunisien est à la peine. Ainsi, la prudence et le débat démocratique sont nécessaires avant d’ouvrir ces boîtes de Pandore qui, à leur tour, risquent d’emporter ce qu’Ennahdha n’a pas détruit en huit ans au pouvoir.

Toutefois, ces débats essentiels sur l’idéologie et le pouvoir, l’économie et l’Etat ou le bilan islamiste de ces huit dernières années sont toujours éludés, reportés, esquivés.
Jusqu’à quand ?

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