Ces grands frères arabes qui ne veulent pas le bien du Maghreb

Ces grands frères arabes qui ne veulent pas le bien du Maghreb

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Dès ses premières heures, la transition tunisienne vers la démocratie a été perturbée par les pays arabes du Golfe.

C’est un fait établi aujourd’hui que plusieurs de ces pays ont profité du 14 janvier 2011 pour avancer leurs pions en Tunisie, en tentant de diriger la révolution sociale tunisienne vers un scénario différent.

Forts d’une véritable cinquième colonne, ces puissances arabes ont inondé leurs relais de pétrodollars et se sont ensuite comportés en pays conquis.

Soutenant en Tunisie toutes les tendances de l’islamisme, y compris les plus obscurantistes et les plus violentes, ces ploutocraties féodales pensaient avoir enfin raison de la modernité tunisienne, assaillie de toutes parts et clairement remise en question.

Obsédés par leurs lectures fondamentalistes de la religion musulmane, ces pays qui se voient en grands frères de notre petit pays, pensaient l’heure venue d’effacer l’héritage moderniste tunisien et normaliser la Tunisie en expurgeant les ferments de la parenthèse bourguibienne.

Obnubilés par le statut de la femme tunisienne, affolés par notre mode de vie méditerranéen et notre proximité de l’Europe, ces pays n’ont eu de cesse de tenter de nous séparer de notre contexte naturel.

Tout en profitant d’eux financièrement, leurs relais tunisiens revenus de l’étranger ont multiplié les gesticulations de toutes sortes voire instauré la terreur islamiste durant les années qui ont suivi le départ de Ben Ali.

Dans le passé, la Tunisie a toujours su garder ses distances par rapport à ces grands frères qui ne voient pas d’un bon œil les synergies maghrébines.

En son temps, Bourguiba n’hésitait pas à défendre l’autonomie maghrébine et tunisienne, tout en parlant d’une nation tunisienne.

De nos jours, les grands frères se sont rebiffés et maintiennent leurs visées sur la Tunisie alors que notre classe politique ne parvient pas à équilibrer nos rapports avec les puissances qui nous entourent en Orient et en Occident.

Cousus de fil blanc, les alignements sur le Qatar, l’Arabie ou les Emirats, ne sont plus un secret pour personne, alors que la Turquie continue à bénéficier de relais connivents dans le domaine économique.

Rééquilibrer la diplomatie tunisienne, expurger notre territoire des sanctuaires terroristes et demander des comptes aux partis politiques dont les liens avec des puissances étrangères hostiles seraient avérés s’apparentent à des mesures de bon sens et à des urgences absolues.

Sinon, les périls continueront à nous guetter et les nostalgiques des empires arabe et ottoman continueront à creuser la tombe de notre indépendance et de nos singularités…

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