Enseignement : Est-ce le bout du tunnel ?

Photo d’illustration

Face à l’intransigeance de la Fédération Générale de l’Enseignement Secondaire qui a décidé de bloquer les notes des devoirs du 2e semestre et d’appeler à la grève générale le 28 mars prochain, les négociations avec le ministère de l’Education semblent avoir repris sur un nouveau ton.

Si l’on en croit les déclarations à l’Agence TAP de Mohamed Ben Ali Oueslati, chef de cabinet du ministre de l’Education et Sami Tahri, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) chargé de l’information, la crise entre le ministère et la fédération est en passe d’être résolue.

Les deux responsables ont annoncé ce vendredi 2 mars, que les menaces d’une année blanche se sont dissipées et que les élèves pourront bientôt recevoir leur bulletin de notes, ajoutant que les négociations se poursuivent pour résoudre les questions en suspens d’autant plus que c’est l’absence de réactivité de la part du ministère aux revendications des enseignants qui est à l’origine du retard accusé dans l’envoi des bulletins aux élèves.

Blocage des notes

Le secrétaire général de la section fédérale de l’enseignement secondaire, Ameur Al Manja, a déclaré, le 27 février, que la commission administrative de la fédération de l’enseignement secondaire avait décidé de maintenir le blocage des notes des devoirs du 2e semestre et l’abstention de les délivrer à l’administration.

A l’issue de ses réunions tenues hier au siège de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), la commission a lancé un appel à la grève générale le 28 mars prochain et a annoncé l’organisation d’un meeting devant le siège du ministère de l’éducation jeudi 22 mars prochain.

Les membres de la commission administrative ont approuvé à l’unanimité une motion professionnelle appelant à une grève toute la journée de mercredi 28 mars 2018 avec la convocation de la commission administrative sectorielle dans les trois jours suivant la date de la grève.

Dégradation de la situation matérielle des enseignants

Rappelons que les professeurs de l’enseignement secondaire étaient en grève le 15 février 2018, tout en étant présents sur leur lieu de travail, dans tous les collèges et les lycées publics.

Lors d’une conférence de presse, Yaâkoubi avait affirmé, la veille, que cette grève intervient pour revendiquer la mise en œuvre du 10ème point de l’accord d’octobre 2011, qui stipule la classification de l’enseignement parmi les métiers pénibles et fatigants, permettant, de la sorte à tout enseignant, âgé de 55 ans et ayant une ancienneté de 30 ans de service, de partir volontairement à la retraite.

Cette grève avait été décidée en guise de protestation contre la dégradation de la situation matérielle des enseignants et le refus du ministère de l’Education et celui des Affaires de la jeunesse et des sports de la revendication de l’augmentation des primes spécifiques, outre l’absence de toute volonté de réforme du système éducatif.

Yaâkoubi a critiqué le « manque du sérieux » de la séance de négociation tenue mardi 13 février au ministère, dénonçant l’absence de solutions réelles pour la résolution des problèmes des enseignants.

Selon le responsable syndical, en cas d’absence de solutions adéquates, la commission administrative de l’enseignement secondaire avait appelé à la tenue d’une commission administrative nationale pour l’examen des revendications des enseignants.

Cours suspendus

Lassaad Yaâkoubi, avait également agité le spectre d’une année blanche pour l’année scolaire en cours si les revendications des professeurs ne sont pas satisfaites.

« Toutes les revendications et propositions des enseignants seront examinées le 24 février et ensuite on s’accordera sur une seule décision quelle qu’elle soit, même si c’est pour une blanche », avait souligné Yaâkoubi.

Lundi 27 février, le même Lassaad Yaâkoubi, était sur les ondes de Jawhara Fm pour expliquer qu’il n’y aura ni année blanche ni année grise tout en précisant que les élèves n’ont pas à payer le prix du manque de réactivité du gouvernement qu’il accuse d’exercer des pressions sur la centrale syndicale pour les pousser à bout.

Il faisait référence aux cours suspendus, aujourd’hui, dans plusieurs établissements scolaires de Jendouba, notamment le Lycée pilote, le collège de Souk Essebt et le lycée Ali Lakti.

Les élèves y ont protesté contre la non-publication des notes du premier semestre par les professeurs et ont appelé à les tenir à l’écart de la crise entre le syndicat de l’enseignement secondaire et le ministère de l’Education.

Commentaires: