Tunisie : La Compagnie des Phosphates Gafsa menacée de faillite

Tunisie : La Compagnie des Phosphates Gafsa menacée de faillite

Par -

La Compagnie des Phosphates Gafsa est menacée de faillite si le secteur ne reprend pas ses activités sur le champs.

C’est ce qu’a déclaré le président directeur général de la compagnie des Phosphates Gafsa (CPG) et du groupe chimique, Romdhane Souid, ce lundi 19 février 2918 sur les ondes de Mosaique fm.

Faillite inévitable si…

Selon lui, la faillite est inévitable si le secteur ne reprend pas ses activités et que les protestations et les grèves ne s’arrêtent pas car la situation aurait atteint un point de non retour si l’on en croit le PDG de la CPG.

Il est vrai qu’en 7 ans, 8960 opérations de livraison de phosphates ont été annulées, selon la SNCFT.

Au fil des ans, la situation s’est compliquée poussant même les cadres et agents de la compagnie à suspendre, la semaine dernière, leur activité en réponse à la paralysie de la production au bassin minier en raison des protestations sociales.

Grèves, protestations et blocages à répétition

Le secteur du phosphate est miné depuis 2011, par les difficultés en raison des grèves, protestations et blocages à répétition. Les sites de production du bassin minier, Redayef, Om Larayes, Metlaoui et Mdhila connaissent d’ailleurs des protestations sociales, depuis le 20 janvier dernier suite à la publication des résultats de la quatrième tranche du concours de recrutement de 1700 agents d’exécution.

Production bloquée

Aujourd’hui, Romdhane Souid a confirmé que les récentes protestations et grèves sont dues au recrutement de 1700 cadres, précisant que ce dernier recrutement régional, visait uniquement à combler les postes vacants et qu’il ne s’agissait pas d’un concours social.

La suspension de la production en phosphate est d’autant plus alarmante qu’elle n’a pas dépassé 160 mille tonnes, depuis le début de 2018, contre 500 mille tonne, durant la même période de 2017, d’après la Compagnie des phosphates de Gafsa.

Ces mouvements protestataires bloquant la production ont connu leur apogée en novembre 2017 quand des sans-emplois ont bloqué la route nationale N14 à Meknassi empêchant la circulation des camions de transport de phosphate et des voitures administratives.

Pertes énormes

Il faut noter que la Tunisie a perdu près de deux milliards de dollars ces dernières années en raison d’une baisse des exportations de phosphate suite aux  manifestations répétées à Gafsa.

Selon le PDG de la CPG l’arrêt de transport du phosphate a engendré d’énormes pertes, soulignant que celles ci sont estimées à 400 milliards par an et précisant que la CCPG n’a engendré aucun revenu en janvier.

Un arrêté portant établissement et actualisation de la liste des sites de production et des installations sensibles et vitales déclarés zones militaires interdites est paru dans le dernier numéro du Journal officiel de la République tunisienne (JORT) daté du 27 novembre 2017.

Cri d’alarme

En juillet 2016, le PDG de la CPG avait déjà lancé un cri d’alarme en indiquant que la production des phosphates n’avait pas dépassé les 40% du volume prévu pour l’année 2016 et que la compagnie devait injecter 260 millions de dinars pour couvrir la masse salariale de ses ouvriers, fonctionnaires et cadres.

Il avait averti que le blocage continu de la production au sein de la société pourrait engendrer la fermeture définitive de la compagnie et rappelé que le secteur des phosphates a enregistré, depuis 2010, un manque à gagner de près de 5 milliards de dinars (MD).

 

Commentaires:

Lisez Aussi Sur Webdo