Quand la médina de Tunis accueillait des bagnards

L’ancien bagne de Kara Ahmed ou Karamed (bagne de Saint-Léonard), devenu plus tard le consulat du grand-duché de Toscane, appelé aussi Fondouk des Livournais était situé face au Fondouk des Français à Tunis et au Fondouk des négociants | Crédit photo : J.F.Coustillière

Il fut un temps, à l’époque des corsaires, où plusieurs bagnes existaient dans la médina de Tunis. Ces bagnes d’un autre temps étaient les lieux où étaient retenus en captivité des esclaves, en général chrétiens et capturés en Méditerranée.

Ces bagnes étaient nombreux et ont été décrits par de nombreux voyageurs qui nous ont également laissé une trace de leurs emplacements et dénominations.

Le père Dan qui visitait Tunis en 1635 évoque le nombre de neuf bagnes. En 1735, on en dénombrera jusqu’à treize qui pouvaient avoir chacun plus de trois cents captifs.

Les noms qui ont été transmis pour ces bagnes sont les suivants: Sainte-Croix, La Trinité, L’Annonciation, Notre Dame du Carmel, Notre Dame du Rosaire, Sainte Lucie, Sainte Rosalie, Saint Joseph, Saint Léonard, Saint Sébastien, Saint François et Saint Charles.

Selon les sources, ces bagnes avaient chacun une paroisse qui servait de lieu de culte et ce sont les noms de ces paroisses qui s’appliquaient à ces établissements pénitentiaires dont les pensionnaires étaient relativement libres.

En effet, en captivité et en attendant leur rachat, ces bagnards pouvaient s’adonner au commerce et tenaient parfois des tavernes au sein même des lieux où ils logeaient.

La plupart de ces bagnes se trouvaient dans la partie basse de la médina, dans les parages du Quartier franc où vivaient les communautés européennes.

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