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Les conséquences du communiqué du 6 juin : L’acte de décès de Nidaa, fuite en avant d’Ennahdha !

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Lorsque Beji Caid Essebsi a lancé son initiative de créer Nidaa Tounes dans un contexte dangereux marqué par le péril qui planait sur notre pays et dans les tentatives d’islamisation menées à l’époque par une « arrogante » et dogmatique Troïka, avec Ennahdha à sa tête, le paysage politique a retrouvé une forme d’équilibre avec la quasi-unanimité qui a mobilisé une très partie de l’opinion publique et plusieurs formations de l’opposition : l’objectif étant de contrer les Islamistes et de préserver la société tunisienne de la dictature religieuse promise.

Les élections d’octobre 2014 avaient amené Nidaa Tounes et son chef historique, Beji Caid Essebsi, élu à la tête de l’Etat, à s’allier avec les Islamistes à la stupeur générale. Il avait argué alors que le vote des Tunisiens obligeait les deux premiers partis du pays à gouverner ensemble, alors qu’en réalité, l’accord entre les deux gérontes était déjà paraphé une année auparavant lors de la fameuse rencontre parisienne.

Nous n’allons pas passer en revue les dégâts considérables portés à Nidaa Tounes après cette alliance contre-nature auxquels s’est ajouté un véritable échec dans la gestion des affaires du pays. Mais les deux « compères » sont allés plus loin. En effet, les deux formations ont conclu le 6 juin dernier un accord structurant qui crée un haut comité mixte permanent qui se réunira au moins une fois par mois afin de coordonner l’action et les positions entre les deux partis.

Cet accord intervient dans un contexte particulier marqué par deux faits importants, un d’ordre interne, le second d’ordre international ; les deux intéressés l’ayant conclu pour se protéger mutuellement. Il est aussi symbolique puisqu’il intervient le même jour (6 juin) marquant la date anniversaire du Mouvement de la Tendance Islamique et seulement 36 heures après la fronde menée par ses voisins du Golfe contre le Qatar, le protecteur des islamistes.

Sur le plan interne, la campagne anti-corruption menée par le gouvernement, quoique limitée et qui risque de n’être finalement qu’un coup d’épée dans l’eau, a suscité les craintes de la classe politique surtout au sein des deux formations concernées. Il est évident que la scène politique tunisienne ne brille ni par sa moralité, ni par l’intégrité de ses acteurs de quelque obédience qu’ils soient. Malgré leurs déclarations distillées au public, ni les uns, ni les autres n’ont aujourd’hui la volonté d’aller au bout de ce processus.

Les dépassements et l’enrichissement abusif de certains individus proches ou au sein de pouvoir, après le 14 janvier, sous le règne de la Troïka, ou depuis les élections d’octobre 2014, ne sont pas rares, et aucun des deux partis ne souhaite ouvrir la boîte de Pandore…

Sur le plan international, les récents développements dans les pays du Golfe et la mise au ban du Qatar, le principal argentier et ami stratégique des Islamistes d’Ennahdha, a poussé ces derniers à réagir rapidement pour bénéficier de l’enveloppe protectrice de Nidaa Tounès pour apparaitre comme un mouvement qui n’a rien à voir les « Frères Musulmans », la confrérie à laquelle appartient encore Ennahdha, et classée en tant que mouvement terroriste.

Mais, les promoteurs de cet accord n’ont pas réalisé que l’on ne peut pas continuer à manipuler indéfiniment l’environnement. Du côté de Nidaa Tounes, cet accord pourrait être son acte de décès surtout après la forte contestation émanant des coordinateurs régionaux ; alors que les Islamistes d’Ennahdha ne peuvent pas éternellement trouver des échappatoires pour tenter d’écarter les soupçons qui pèsent sur eux, eux qui ont montré de la « complaisance », pour ne pas dire autre chose, envers le phénomène extrémiste, pour ne dire que cela !

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