Eblouissants et mystérieux, les souks de Tunis en 1893, sous la plume de Jean Lorrain

Crédit : Franklin Price Knott | Source : Commons Wikimedia

Sulfureux mais peu connu, Jean Lorrain compte parmi les dandys du dix-neuvième siècle finissant. Lors de ses nombreux passages en Tunisie, entre 1893 et 1899, Lorrain a laissé des pages éblouissantes et des descriptions rares des souks de Tunis.

Il est en effet parvenu à saisir les couleurs et atmosphères de ces souks et, dans une prose à nulle autre pareille, a restitué cet univers. Quelques pages de ses « Heures d’Afrique » nous plongent dans les souks de Tunis, à l’image de ces extraits:

« Sous leurs voûtes blanchies à la chaux et leurs toitures de planches disjointes, voici, baignés d’ombre et de lumière, les mille et un dédales du souk au parfums, du souk des tailleurs, du souk aux étoffes, la cité même de la couleur, de la richesse et du clair-obscur(…)

Puis vous êtes au souk des parfums. Odeurs à la fois écoeurantes et violentes d’essences de roses et de jasmin, c’est dans un long couloir-voûte soutenu par des piliers au coloriage brutal, une double rangée de boutiques aux boiseries peinturlurées avec un goût barbare, une galerie de véritables niches auréolées de cierges.

Au milieu de longs flacons de verre, peints d’arabesques d’or, de verre bleu pour le khôl, de verre blanc pour les essences, des parfumeurs indolents et blafards se tiennent tout le long des jours ».

De belles pages qui disent bien les couleurs des souks de Tunis et témoignent du regard d’un écrivain français dans les rues du Tunis de la fin du dix-neuvième siècle.

N.B: l’illustration de cet article est l’œuvre du photographe américain Franklin Price Knott, un pionnier dont des reportages sur la Tunisie sont parus en septembre 1916 dans la revue National Geographic.

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