Épouse ton violeur, dit-il ! On se voit au tribunal, lui répondons-nous !

Diffusé le 14 octobre 2016 sur la chaîne « Al Hiwar Ettounsi », la dernière émission du fameux « si Alaa » est le moins qu’on puisse dire : une atteinte aux valeurs universelles, à l’intégrité physique et morale, à l’éthique journalistique, et un massacre de ce qu’on estime « le minimum des acquis ».

alaa

Un nouveau dépassement vient d’en choquer plus d’un. Une invitée, victime de viols à répétition et d’inceste, se voit agressée par l’animateur qui lui suggère d’épouser son violeur comme solution.

Chose qui a poussé à la création d’un mouvement d’indignation et de contestation : « Épouse ton violeur, dit-il. On se voit au tribunal, lui répondons-nous« .

La description est comme suit : « Victime de viols répétitifs commis par trois de ses proches (oncle et cousins) depuis ses 14 jusqu’à ses 17 ans, enceinte de l’un d’entre eux, venue en témoigner à l’émission télévisée « Andi ma nkollek » diffusée le 14 octobre 2016 sur la chaîne Al Hiwar Ettounsi, l’animateur Alaa Chebbi lui dit à répétition qu’elle est coupable et que c’est aussi de sa faute !

La solution consisterait selon lui à ce que la victime épouse son violeur… « Parce que ce n’est pas la première fois que cela se produit, parce que les violences à l’égard des femmes sont de plus en plus banalisées, parce que le premier souci de nos médias est le buzz, loin de toute éthique journalistique et de tout respect des droits humains, nous décidons de porter plainte contre cet animateur et cette émission ».

Mais le mouvement ne s’arrête pas là, il propose outre lancer une pétition, vient une proposition de campagne pour contrer ces dépassements, un mailing en masse a été prévu ainsi qu’une proposition de faire pression sur les sponsors de l’émission, considérés comme complices, s’ils continuent à financer l’émission, surtout qu’elle n’est pas à son premier dépassement… dans l’optique de lancer une plainte auprès de la justice.

Abreuvées de toutes les insultes, traitées de semence du diable, violentée, discriminées… Il se trouve que oui, parfois j’ai envie d’écrire sur autre chose que sur la question de la Femme. Il se trouve que ça en devient presque lassant, de dire et redire les mêmes choses, de s’indigner et de ne faire que de pointer du doigts tous les dépassements et les violences dont est victime la femme, dans la rue, dans la pub, dans les médias.

Il se trouve que parfois, on a des doutes, et des craintes de devenir la risée des personnes à la mode, de ceux qui créent l’opinion publique, et d’être traitée de féministe.

Parce que, figurez-vous, « féministe » est une insulte au pays des merguez. Mais heureusement, il a ce sentiment de ne pas être seul.

H.A.

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