Après le vote de confiance au gouvernement Chahed : Un soutien conditionné !

Youssef Chahed

La Tunisie a désormais son neuvième gouvernement depuis le 14 janvier 2011, un phénomène d’instabilité plutôt inhabituel surtout sous l’ancien régime.

Il faut dire que celui-ci était verrouillé par la mainmise du président de la république sur le pouvoir exécutif voire sur le fonctionnement de tout le système politique y compris sur le pouvoir législatif par le biais du parti unique ou dominant selon les époques.

Ce gouvernement de Youssef Chahed, qui a bénéficié d’une confortable « confiance » de la part des élus de l’Assemblée des Représentants du Peuple, aura-t-il la possibilité de demeurer en poste pour les trois prochaines années, c’est-à-dire jusqu’à la fin de cette législature, comme l’a souhaité le chef du gouvernement dans son discours « d’investiture » !?

Or et malgré cette apparente adhésion des partis constituant le socle de ce gouvernement d’union nationale, il n’est pas certain que Youssef Chahed puisse obtenir cette trêve qu’il croit avoir garanti avec la nomination de deux ministres proches de l’UGTT ou s’il croit pouvoir compter sur ceux-là mêmes qui ont voté hier pour lui.

Car, et le plus préoccupant dans tout cela, c’est que le « programme » de gouvernement n’est point clair dans la mesure où les déclarations d’intention de Youssef Chahed sont beaucoup plus inquiétantes que rassurantes. En effet, il a « promis » aux citoyens des « mesures douloureuses » voire même l’austérité si jamais le pays n’entame pas sa marche en avant et ne se redresse pas sur le plan économique.

Si Youssef Chahed serait amené à prendre des mesures antipopulaires comme cela semble être dans ses intentions, il n’est pas certain qu’il puisse jouir de cette « complicité » socio-politique des organisations syndicales ou de la société civile, et même des partis qui l’ont soutenu. L’UGTT a toujours affirmé qu’elle n’accordera pas un chèque en blanc et qu’elle déterminera sa position vis-à-vis du gouvernement en fonction de la nature de ses décisions.

Pour, les partis, il suffit d’écouter les interventions de leurs élus lors des débats pour se rendre compte que le soutien qu’ils lui promettent serait sélectif et conditionné par son respect du fameux Pacte de Carthage. Autrement dit, la marge de manœuvre du nouveau gouvernement de Youssef Chahed est limitée. Il devrait cependant et à chaque fois faire preuve de prudence pour réussir son pari de gouverner le pays.

Il devrait surtout le faire en se fondant sur des principes républicains à la fois simples mais parfois compliqués à mettre en œuvre : la justice et l’égalité, avec en filigrane cette inébranlable volonté de défendre et d’agir dans l’intérêt de la Tunisie et du peuple, loin des solutions de facilité ou ultra-libérales qui risquent d’embraser le pays et de nous replonger dans une crise politique et sociale qui ne pourrait profiter qu’aux forces extrémistes et opportunistes…

L.L.

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