Un témoignage de Daniel Passalaqua : Quand le lac arrivait à Bab Bhar…

Tribune | Par Daniel Passalaqua

Tunis-03
L’avenue Habib Bourguiba, anciennement appelée avenue de la Marine dans les années 1900 | Crédit photo Marcel Lagarde
Après la parution de notre article sur les fondations de la cathédrale, nous avons reçu de notre lecteur et ami Daniel Passalaqua les précisions suivantes sur l’avenue de Tunis au début du XXème siècle ainsi que sur l’usage des eucalyptus dans le domaine des fondations.

Une des caractéristiques de l’eucalyptus est (si je me fie à ce qui m’a été dit par des ingénieurs amis, spécialistes en fondations) est d’être imputrescible. Cela en a fait longtemps l’élément indispensable à la réalisation de solides fondations en sol marécageux. C’est ainsi que la plupart des immeubles construits sur l’Avenue de la Marine (aujourd’hui Avenue Bourguiba) à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle sont fondés sur de denses lits de pieux d’eucalyptus.

N’oublions pas qu’un canal prolongeant le lac arrivait encore vers la fin du 19ème siècle jusqu’à hauteur des bâtiments actuels de la BIAT et de l’UBCI, où se trouvait l’embarcadère des barcasses venant du port de la Goulette, transportant marchandises et voyageurs (il a été comblé, car devenu inutile, après la création de la première ligne de chemin de fer Tunis – La Marsa – La Goulette, dont la gare était à la Rue de Rome), et que tous les terrains là où nous avons les rues de Hollande, de Grèce, l’Avenue de Carthage, etc., étaient les lieux de prédilection des Tunisois pour la chasse au Col Vert et aux Oies sauvages.

J’ai eu l’occasion de voir des photos prises dans les années 1880-90 de chasseurs à l’œuvre, bottés pour patauger dans l’eau ou se déplacer sur des sols détrempés.
De nos jours, les architectes et ingénieurs qui ont supervisé la démolition du Tunisia Palace et du Palmarium se sont heurtés à un problème qui leur a donné du fil à retordre lorsqu’il a fallu détruire leurs fondations en eucalyptus. Cela n’a pas été une mince affaire !!!…

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