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Chawki Tabib : « A ce rythme, la corruption transformera la Tunisie en un pays mafieux »

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Lors d’une conférence organisée hier à Tunis par le Centre d’études sur l’islam et la démocratie sur les mécanismes de lutte contre la corruption, le président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption Chawki Tabib a indiqué que l’application du cadre juridique de lutte contre la corruption est toujours tributaire.

Tabib a ajouté que si le rythme de la corruption continue ainsi, le pays risque de devenir un Etat mafieux et de perdre ses fondements.

Chawki Tabib est également revenu sur la loi de protection des témoins et dénonciateurs de corruption et celle portant sur la lutte contre l’enrichissement illicite soulignant la nécessité d’accélérer leur mise en place pour mieux lutter contre la corruption.

A noter que Chawki Tabib avait déclaré le mois dernier, le lancement d’une consultation nationale sur les décisions urgentes que le gouvernement doit prendre pour lutter contre ce fléau.

Sur sa page officielle Facebook, Tabib a proposé dix mesures :

  1. Déclarer la guerre contre ce fléau ;
  2. Appeler à tenir un congrès national portant sur la stratégie nationale de lutte contre la corruption ;
  3. Mettre en place une campagne médiatique de sensibilisation ;
  4. Ouvrir une enquête sur les rapports des organes de contrôle et d’inspection et la cour des comptes sur les trois dernières années ;
  5. Généraliser l’application de l’informatisation des transactions et les appels d’offres publics et poursuivre en justice tous ceux qui l’entravent ;
  6. Soutenir de manière urgente le pôle judiciaire financier, le tribunal administratif, les organes de contrôle, la cour des comptes et l’instance de lutte contre la corruption (notamment les ressources humaines, financières et logistiques);
  7. Appliquer l’Open Gov et l’E-gouvernement, pour limiter les interactions entre les citoyens et les fonctionnaires de l’administration ;
  8. Accélérer l’examen des projets de loi relatifs à : la protection des dénonciateurs,  l’instance constitutionnelle, les déclarations des biens et des fortunes illégales et le cadre légal du pôle judiciaire et financier ;
  9. Pour que les dossiers de corruption soient traités en priorité, le ministre de la Justice est appelé à donner ses instructions au ministère public ;
  10. Réviser toute affectation, nomination ou recrutement dans la fonction publique, suspectés de corruption ou de favoritisme.

Il est également à rappeler que le juge Ahmed Souab a révélé  « qu’il y a cinq nom qui sont les piliers de la corruption en Tunisie ».

Ces cinq personnes sont impliquées dans des affaires de corruption, et sont connues de la commission d’analyse financière relevant de la Banque Centrale et de l’Etat, mais jusqu’à présent rien n’a été entrepris contre eux, selon lui.

300.000 dossiers de corruption ont été déposés au tribunal de première instance de Tunis.

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