Je t’aime

Tribune | Par Docteur Bouguira Lilia

Au bas fond, je t’aime.
Au summum, je t’aime.
Dans la nuit, je t’aime.
Dans le jour, je t’aime.
Dans la foulée, je t’aime.
Dans le dépeuplement, je t’aime.
Dans la steppe, je t’aime.
Dans l’abondance, je t’aime.
Dans ces odeurs putrides, fausses et faussaires, je t’aime.
Dans ces parfums de basilic, de jasmin et de lavande, je t’aime.
Dans ces yeux pouilleux et sanguinaires, je t’aime.
Dans ces âmes hagardes et perdues, je t’aime.
Dans ces bruits hirsutes et douloureux, je t’aime.
Dans ces sables mouvants, ces caniveaux, je t’aime.
Dans ces platitudes, ces creux, je t’aime.
Dans ces angles obtus, ces sens uniques, je t’aime.
Dans ces allers sans retour, je t’aime.
Dans ces détours, ces impasses, je t’aime.
Dans ces consanguinités criminelles, je t’aime.
Dans ces amours interdits, je t’aime.
Dans ces épreuves accomplies, je t’aime.
Dans ces déboires, ces histoires sans fin, je t’aime.
Dans ce mépris marionnettiste, cette hypocrisie générale, je t’aime.
Dans ces tranchées manichéennes, je t’aime.
Dans ces frères indicateurs, je t’aime.
Dans ce rouge et ce blanc, je t’aime.
Dans ces turbulences, je t’aime.
Dans ce raisin et ses ivresses, je t’aime.
Dans ces guerres de religion intestines, je t’aime.
Dans ce monde immonde où je n’ai plus de grande place, je t’aime.
Dans ces silences de piété et de lois justes, je t’aime.
Dans ces moments de grâce, je t’aime.

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