Le Lab 619, des dessinateurs tunisiens remportent un prix au Caire

Le Lab 619, des dessinateurs tunisiens remportent un prix au Caire

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lab dessinateursEncore des Tunisiens qui s’illustrent par leurs talents ! Le Lab 619 vient de remporter le prix du meilleur magazine imprimé au Cairocomix Festival, au Caire.

Qu’est-ce que le Lab 619 ? Un collectif de dessinateurs tunisiens, travaillant de manière totalement bénévole, rassemblés par une passion, la bande dessinée.

Webdo a rencontré Noha Habaieb, membre du collectif qui a représenté l’équipe au Caire pour qu’elle nous parle de cette fabuleuse aventure.

« Le premier numéro a vu le jour en mars 2013. Pour le moment, on n’a sorti que 5 numéros. C’est irrégulier pour des raisons matérielles mais aussi parce qu’on a tous un job en dehors et qu’on fait ça sur notre temps libre. Parfois, le prix de la vente ne suffit pas à couvrir l’impression, on rajoute alors de notre poche. Ce qui est génial, c’est qu’on vient d’obtenir un financement de Al Mawred Al Thaqafy, (organisation qui soutient la création artistique dans le monde arabe), pour l’impression de deux numéros ».

lab1Le Lab 619 est un laboratoire où tous ces artistes viennent expérimenter des créations à chaque fois différentes, de nouvelles techniques, diverses approches. D’ailleurs même les artistes sont chaque fois différents. Le collectif est vivant, change, certains partent, d’autres arrivent.

La majorité de ces « techniciens de laboratoire » un peu particuliers n’ont ni formation de dessinateur ni de scénariste. Ce sont des autodidactes pleins de talent et de passion pour ce qu’ils font.

Et ce Cairocomix Festival ? Comment c’était ?
« C’est un peu le premier du genre dans le monde arabe. Ce sont des dessinateurs égyptiens indépendants qui ont été à l’origine de ce projet pour faire connaitre la bande dessinée du monde arabe. Il rassemble des dessinateurs marocains, égyptiens, tunisiens, jordaniens et libanais. C’était passionnant de rencontrer tous ces dessinateurs, de partager nos expériences, les problèmes auxquels on se heurtait dans nos pays respectifs, les solutions qu’on arrivait à trouver…C’était vraiment enrichissant ».

« Il y a beaucoup de publications dans le monde arabe. Il faudrait qu’on se les partage. Il faut qu’en Tunisie, on voit ce qui se passe dans les lab4autres pays. Il faudrait créer un réseau de distribution à grande échelle, un réseau de dessinateurs arabes ».

« Je pense qu’il reste encore beaucoup de travail à faire en Tunisie, coté édition, organisation et distribution. Je pense aussi qu’il faut former les jeunes qui sont passionnés et surtout initier les enfants, en introduisant par exemple des bandes-dessinées parmi les manuels scolaires. Les informations passent tellement mieux en dessins  »

On a trouvé que Lab 619 était quand même un drôle de nom pour un mag. Noha nous a bien expliqué que c’était un laboratoire où les artistes faisaient des expériences mais le 619 ?

Le 619 c’est le code à barres pour les produits tunisiens, histoire de revendiquer haut et fort la «tunisianité» du magazine !

Sonia Bahi

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