Sultanat d’Oman, suisse de la presqu’île arabique

sultanat-d-omanSelon plusieurs observateurs arabes et internationaux, le sultan Qabous, vers qui se tournent tous les regards actuellement en raison de son positionnement politique dans les conflits en cours dans la région, est en passe de devenir le sage de la région du Golfe dans un contexte de rivalités régionales et de tiraillements internes surtout au Yémen et au Bahrein, objet de tensions et d’instabilités chroniques.

Le Sultanat d’Oman, co-gardien du détroit stratégique d’Ormuz avec Téhéran, est demeuré à l’abri des soubresauts et des rivalités saoudo-iraniennes, gardant de bonnes relations avec tous les protagonistes de la région du Golfe en dépit des pressions des uns et des autres.

«Ne jamais rompre» avec aucun pays ou aucune partie est une règle de la politique étrangère d’Oman, souligne cheikh Farhat Jaâbiri, imam incontesté de la communauté Ibadite en Afrique du nord et figure religieuse notoire dans la région du Golfe, qui met l’accent sur le pacifisme et la tolérance du Sultanat, l’endurance silencieuse de ses dirigeants et la philosophie de la patience des Omanais.

La Syrie illustre cette politique, dit-il. « Mascate n’a pas rompu avec le régime du président Bachar al-Assad contrairement à ses partenaires arabes du Golfe. Oman ne fait pas partie non plus de la coalition engagée dans des frappes contre le groupe Etat islamique (EI) à laquelle participent ses voisins arabes », conclut notre illustre interlocuteur, pour qui cette dialectique de la distance et de la proximité trouve avec le sultan Qabous toute sa traduction. La survie d’un Etat, ajoute cheikh Farhat Jaâbiri, dépend de sa capacité à développer une nouvelle ingénierie politique dans un environnement en perpétuelle mutation.

Imededdine Boulaâba

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