En attendant «le livre blanc» de Néji Jalloul, le débat national sur la réforme du système éducatif… Comment ça marche ?

Tribune | Par Boutheina S. / Enseignante

Néji JalloulLe ministre de l’éducation Mr Néji Jalloul a affirmé que les revendications des enseignants du primaire sont « légales » et que l’on est tous portés à respecter ce droit. N’empêche que parmi ces mêmes réclamations, il y en a « quelques unes quasi-réalisables, d’autres irréalisables du moins pour le moment, d’autres encore impossibles à réaliser » a-t-il ajouté .

Il est évident que monsieur Jalloul manipule aisément la langue de bois, quand on connait sa vocation professionnelle (il est historien) on serait moins étonné des solutions primitives qu’il est entrain de donner (avec tous mes respects pour les gens du métier).

Monsieur Néji Jalloul a également annoncé la couleur en ce qui concerne la réforme du système éducatif. Il a organisé une consultation nationale en vue de recueillir les avis sur l’état de notre système. La semaine du 15 au 23 mai sera consacrée à traiter les questions liées au secteur.

Comment ça marche ?

Première journée :

Le dialogue national a débuté le vendredi 15 mai avec les élèves qui sont les premiers intéressés. La discussion des participants a été orientée vers deux objectifs :

  1. Établir un diagnostic évaluatif de la vie réelle de leur école(les difficultés et les avantages perceptibles)
  2. Élaborer une prospective qui envisage les possibilités d’améliorer l’état de leur établissement et développer leur rôle d’élèves.L’enseignant qui conduit cette discussion rédige un rapport renfermant les réponses données et le remet au directeur de l’établissement.

Deuxième journée :

La réunion du corps enseignant a tenu lieu, le samedi 16 mai, au sein de l’établissement. Le dialoguiste, évidemment le ministre de l’éducation, a inscrit le dialogue dans un contexte très particulier. C’est une enquête « omnibus » avec des questions fermées du genre : « Quel système de recrutement est-il susceptible d’accorder un jugement de valeur favorable à l’enseignant, dans la société, tout en faisant valoir sa haute compétence professionnelle ? »

…Et pourtant, des ateliers se sont formés et les enseignants se sont appliqués à déchiffrer les questions et à résoudre les problématiques. Ils ont fini par proposer des solutions tangibles rendues dans un rapport écrit que le directeur de l’établissement scolaire déposera au ministère.

La période du 17 au 23 mai verra une libre discussion avec les parents d’élèves. La discussion portera sur le milieu éducatif et la vie scolaire. Elle aura lieu à l’école-même en présence du directeur.

[pull_quote_center]Espérons néanmoins qu’on fera pas le procès des enseignants lors de cette journée. L’enseignant est déjà condamné, il fait le métier le plus ingrat du monde ![/pull_quote_center]

Que contient le livre blanc ?

A la lumière des avis donnés et des conseils recueillis dans les établissements scolaires de toutes les régions du pays, le ministère de l’éducation dressera un constat et concevra les résolutions à prendre dans les régions. Ces constatations des faits seront publiées dans le livre blanc, un recueil-témoin de l’importance de cet événement qu’est le débat national sur la réforme du système éducatif.

[pull_quote_center]Espérons que «  le livre blanc » ne fera pas autant d’indignés que le fameux « livre noir ».[/pull_quote_center]

Rappelons tout de même que le ministre de l’éducation a demandé une étude prévisionnelle suivant un profil bien déterminé, de même qu’il a un goût prononcé pour l’imaginaire…N’oublions pas non plus de saluer l’homme qui est resté stoïque face aux débrayages répétitifs des enseignants. Il a même déclaré que « la grève des enseignants ne le dérange pas du tout ! ».

[pull_quote_center]Pour tout ce grand monde qui écrit dans ce petit pays où l’on fait couler beaucoup d’encre « Moi j’écris pour agir ! » disait Voltaire.[/pull_quote_center]

 

 

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