Kebili, championne des contestations violentes, avec, pour manifestants, des enfants

Fatnassa-110515 (photo MFM)
Crédit photo : Mosaique FM

Nul ne peut nier les gros sacrifices consentis par les régions du sud lors de la période ayant amené à la chute de Ben Ali. Les manifestations de Douz resteront, à ce propos, l’une des plus sanglantes que le gouvernorat de Kébili ait jamais connues

Ils connurent, entre autres, l’assassinat (par un sniper) de l’universitaire Bettahar, un professeur d’informatique à l’Université de Technologie de Compiègne, dans l’Oise (France).

Personne ne peut donc remettre en question le courage, la vaillance et le patriotisme de la population de Kébili, gouvernorat dont est originaire l’ex-président provisoire, Moncef Marzouki, issu dune des plus grandes et des plus influentes tribus du sud, les « M’razigs ».

Depuis quelque temps, passées les périodes de transitions allant du gouvernement Mohamed Ghannouchi à la Troïka, en passant par celui de Caïd Essebsi, Kébili et ses environs sont devenus quasiment le seul foyer de contestations politiques violentes de tout le pays.

Douz, fief du mouvement anti-Essebsi

Après les incidents d’El Faouar (une localité de Kébili), la semaine écoulée, avec les agressions de forces de l’ordre, de journalistes et l’incendie de locaux de sûreté, c’est la région de Fatnassa (autre localité de Kébili) qui vit actuellement des manifestations qui, espérons-le, ne tourneront pas à la casse.

A Fatnassa (délégation de Souk Lahad), la population a appelé, aujourd’hui, au développement de la région et à l’emploi, ainsi qu’au limogeage du Omda qui occupe ce poste depuis le règne de l’ancien régime.

La délégation de Souk Lahad, se taille, par ailleurs une bonne part dans ces troubles, bastion salafiste, elle a été, à ce propos, aux côtés de Jomna et Douz (encore des localités de Kébili), une des zones les plus violentes lors des émeutes anti-Caïd Essebsi et pro-Marzouki, entre les deux tours de la présidentielle et après la proclamation de la victoire d’Essebsi, le 23 décembre 2014.

Les manifestants, essentiellement des enfants

Et ce n’est pas tout, le 3 avril 2015, des altercations sont survenues entre des protestataires et les forces de l’ordre intervenues pour lever un sit-in organisé par un groupe de jeunes de la localité de Garaâ à Ksar Ghilane dans la délégation de Douz Nord (décidément !). Le calme est revenu difficilement après plus de deux jours de violence.

Un peu plus loin, le 11 septembre 2014 Des heurts ont opposé des policiers à des manifestants protestant contre l’arrestation d’un militant islamiste dans la ville de Douz (oui !) protestations qui ont tourné à des affrontements étalés sur trois jours au moins.

Les choses ne se limitent pas là, il y a eu bien d’autre échauffourées à Douz, le constat qui ne peut échapper à personne en voyant les images des manifestations et les photos publiées dans le web, c’est que contrairement à toutes les autres régions du pays, le gros des manifestants et des casseurs sont des enfants, à peine des adolescents.

Les mauvaises langues diront que ces enfants sont manipulés par un courant politique acquis à la cause de Moncef Marzouki dont Kébili, et précisément Douz, en est le fief.

Là, on pense que s’il y a autant d’enfants, c’est que l’éveil à la politique, à Kébili et à Douz, se fait la plus tendre enfance. C’est l’explication la plus logique, non ?

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