Béji Caid Essebsi : « Nos jeunes nous les envoyons là où on les accepte »

Interview

Quatre jours après l‘attaque terroriste au musée du Bardo, une interview avec des médias français a été faite, symboliquement au musée, avec le président de la République tunisienne Béji Caid Essebsi où il a été interrogé, entre autres, sur la réforme de l’éducation en Tunisie.

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Béji Caïd Essebsi était interviewé du musée du Bardo par les journalistes français Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1), Christophe Ayad (Le Monde) et Michael Darmon (i-Télé).

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Béji Caid Essebsi a affirmé que l’enseignement tunisien doit être adapté à la nouvelle époque. « Nous avons besoin d’un enseignement du XXIème siècle », a-t-il assuré.

M. Essebsi a rappelé que 400 étudiants ont eu des bourses américaines pour étudier aux Etats-Unis.

« Envoyez-les en France ! Il y a des bourses en France ! » intervient le journaliste Jean-Pierre Elkabbach d’Europe 1.

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« Nos jeunes nous les envoyons là où on les accepte, où on ne leur fait pas de procès d’intention parce qu’ils sont ceux-ci ou sont ceux-là et qu’ils ne bataillent pas avec une opinion publique qui n’est pas tout à fait … » riposte M. Essebsi

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« Attendez, là vous visez la France là », l’interrompt M. Elkabbach. « Je ne vise personne », répond M. Essebsi.

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Je parle de l’Europe, en général, de l’immigration, des gens qui sont au fond pas très bien traités, il faut le dire, et lorsque nous voyons les statistiques, parmi les gens qui ne réussissent pas, la grande majorité vient de ces … 

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Elkabbach pense que l’enseignement de la philosophie a été supprimé en Tunisie

En parlant de l’enseignement, le journaliste d’Europe 1, Elkabbach, a avancé qu’en Tunisie la philosophie a été supprimée dans les programmes d’éducation. « On a supprimé dans tous les pays du Maghreb et les pays arabes l’enseignement dernièrement de la philosophie et on enseigne la littérature, » a-t-il dit.

« Pas en Tunisie », l’interrompt le président, mais le journaliste continue quand même dans sa lancée, « l’histoire du monde arabe, etc… vous l’avez dit, il faut changer » …

« Elle est bonne l’histoire du monde arabe », l’interrompt à nouveau M. Essebsi, « et pas d’une manière exclusive ».

« Oui, oui, oui », poursuit le journaliste, « dans un huis clos, on s’étouffe », poursuit-il pour être interrompu encore une fois par le président qui lui affirme que cela est faux, « c’est pas en Tunisie », lui rectifie-t-il ses informations.

La « modernité » selon les journalistes Christophe Ayad de Le Monde et Elkabbach d’Europe 1

« Monsieur le président, il y a eu des gestes forts qui ont marqué l’entrée de la Tunisie dans la modernité, comme Bourguiba, il avait bu un verre d’eau en plein Ramadan », il avait dévoilé les femmes », poursuit ElKabach, pour poser la question « quels gestes nouveaux faudrait-il faire ? »

« Je veux faire un geste mais je ne peux pas par respect aux téléspectateurs, à l’égard des terroristes, » répond alors le président de la République …

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