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Tunisie : La composition revue et corrigée du gouvernement d’Habib Essid avec la participation d’Ennahdha

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Habib Essid, désigné chef de gouvernement par Nidaa Tounes, a annoncé, ce lundi 2 février 2015, la nouvelle composition du gouvernement après avoir évité, de facto, le passage au vote de confiance vu les critiques vis-à-vis de la première version de son gouvernement, annoncée le 23 janvier.

La nouvelle composition compte beaucoup de changements, notamment l’intégration de la deuxième force parlementaire, Ennahdha, ainsi que le parti Afek Tounes, la mise à l’écart de la militante féministe Khadija Cherif et de Mohsen Hassen de l’UPL, l’intégration d’un nouveau ministère de l’Environnement …

La participation des femmes reste très faible avec un gouvernement composé de 27 ministres dont 3 femmes seulement, et 17 secrétaires d’Etat, dont 7 femmes.

Ennahdha fait son entrée

Ennahdha, qui détient 69 sièges au parlement, exclue lors de la première composition du 23 janvier, fait enfin son entrée ce lundi dans le gouvernement Essid et obtient le portefeuille de la Formation professionnelle et de l’emploi, accordé à Zied Laâdhari, porte-parole du parti islamiste et ex-président de la commission 9 avril à l’ANC.

Nejmeddine Hamrouni, ancien conseiller de Hamadi Jebali, également issu d’Ennahdha, est le nouveau Secrétaire d’Etat chargée de la remise à niveau des établissements hospitaliers.

Boutheina Ben Yaghlane, également membre d’Ennahdha, devient Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances. Et Amel Azzouz, ex-députée à l’ANC et membre du conseil de la Choura, a été désignée Secrétaire d’Etat auprès du ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, chargé de la coopération internationale.

Afek Tounes aussi

Exclu de la première composition d’Essid, le parti Afek Tounes, qui détient 8 sièges au parlement, fait également son entrée dans le gouvernement et obtient trois portefeuilles ministériels.

Yassine Brahim, président d’Afek, est désigné ministre du Développement régional, de l’investissement et de la coopération internationale. Noômane Fehri, ministre des Technologies, des télécommunications et de l’économie numérique. Et Samira Mariî, ex-députée à l’ANC, ministre de la Femme, de la famille et de l’enfance.

Les changements importants sont en bleu

Ministères régaliens 
  • Ministre de la Justice : Mohamed Salah Ben Aïssa. (Il a été nommé secrétaire général du gouvernement tunisien le 1er juillet 2011, dans le cabinet de Béji Caïd Essebsi, en remplacement de Ridha Belhaj).
  • Ministre de la Défense nationale : Farhat Horchani (Président d’Association tunisienne de droit constitutionnel (ATDC). Il est agrégé des Facultés de droit. Professeur à la Faculté de Droit et des Sciences Politiques de Tunis. Il a écrit plusieurs revues juridiques et il a aussi écrit plusieurs articles scientifiques).
  • Ministre de l’Intérieur : Najem Gharsalli (nommé par l’ancien président de la République par intérim, Fouad Mbazaa  en tant que gouverneur de Mahdia. Sa désignation a été très critiquée par les juges lors de l’annonce de la première composition le 23 janvier, mais il a été quand même maintenu par M. Essid).
  • Ministre des Affaires Etrangères : Taieb Baccouche (Secrétaire général de Nidaa Tounes, ancien directeur de l’Institut arabe des droits de l’homme avant 2011 et ancien secrétaire général de l’UGTT de 1981-1984).
  • Ministre des Finances : Slim Chaker de Nidaa Tounes remplace Lassâad Zarrouk (il était Secrétaire d’État auprès du ministre du Commerce et du Tourisme, chargé du Tourisme du 17 janvier 2011 au 1er juillet 2011 ensuite ministre de la jeunesse et des sports du 1 juillet au 24 décembre 2011. Il était chargé des programmes économiques et sociaux au sein de Nidaa Tounes).
Les autres ministères 

>Ministre du Commerce :  Changement du nom du « Ministre du Commerce et de l’artisanat » avec à sa tête Ridha Lahouel à la place de Slim Chaker replacé au ministère des Finances.
>Ministre du Domaine de l’Etat et des affaires foncières : Hatem El Ich
>Ministre du Tourisme et de l’artisanat : Salma Elloumi Rekik, députée Nidaa Tounes et sœur de l’homme d’affaire au même parti Faouzi Elloumi, remplace Mohsen Hassen, président du bloc parlementaire du parti UPL, qui a été mis à l’écart.
>Ministre de l’Education nationale : Neji jalloul (ancien membre du bureau exécutif d’Al Jomhouri qu’il a quitté en 2013 pour rejoindre Nidaa Tounes) remplace Abdelmanef Abderabbou, mis à l’écart.
>Ministre de l’Industrie, de l’énergie et des mines : Zakaria Hamad
>Ministre de la Femme, de la famille et de l’enfance : Samira Mariî (membre du comité central d’Afek Tounes et ex-députée à l’ANC du groupe démocratique) remplace Khedija Cherif, l’une des fondatrices de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates, mise à l’écart par Habib Essid.
>Ministre des Affaires religieuses : Othmane Battikh, ancien mufti de la République de 2008 jusqu’à 2013 remplace Laâroussi Mizouri, mis à l’écart.
>Ministre des Affaires sociales : Ahmed Ammar Youmbai (Chef de Cabinet du Ministre des Affaires Sociales de 2011 jusqu’à ce jour. En 2005, il directeur Général, Chargé de Mission au Cabinet du Ministre des Affaires Sociales. Il est fondateur et Président de l’Association Nationale des Inspecteurs du Travail , A.T.I.T,  en 1981 et membre fondateur et vice Président de l’Association Tunisienne du Droit Social A.T.D.S ainsi que vice-président de l’Association Internationale de l’Inspection du Travail A.T.I.T 1983-1996).
>Ministre de l’Enseignement supérieur : Chiheb Bouden (Il est directeur de l’Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT) depuis 2008).
>Ministre du Transport : Mahmoud Ben Romdhane (Il était membre du secrétariat d’Ettajdid. Il a rejoint Nidaa Tounes pour devenir responsable du programme économique et social de Nida Tounes).
>Ministre de l’Environnement et de l’aménagement du territoire : Nouveau ministère ajouté et c’est Nejib Derouiche, vice-président de l’UPL, Union Patriotique Libre, qui a été désigné pour le diriger (il est titulaire d’un diplôme d’ingénieur et d’un mastère en Management avec spécialisation en Marketing et Finance. Il est chef exécutif a Smart Bridging Dubai).
>Ministre de la Santé publique : Said Aidi (ancien ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi tunisien du 27 janvier 2011 jusqu’au 24 décembre 2011. Il est aussi député de Nidaa Tounes à l’ARP).
>Ministre de l’Agriculture : Saâd Seddik (actuellement PDG de la Sonede).
>Ministre du Développement régional, de l’investissement et de la coopération internationale : Yassine Brahim (Président d’Afek Tounes et député).
>Ministre de la Jeunesse et du sport : Maher Ben Dhia (Secrétaire général de l’UPL).
>Ministre des Technologies, des télécommunications et de l’économie numérique : Noômane Fehri (député Afek Tounes) qui remplace Karim Skik.
>Ministre de la Formation professionnelle et de l’emploi : Zied Laâdhari (député et porte-parole d’Ennahdha) à la place de Selma Elloumi Rekik, replacée au ministère du Tourisme.
>Ministre de la Culture : Latifa Lakhdher (écrivaine et professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tunis).
>Ministre de l’Equipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire : Mohamed Salah Arfaoui (PDG de l’ARRU, Agence de Réhabilitation et de Rénovation Urbaine depuis novembre 2013).

>Ministre Délégué auprès du chef du gouvernement chargé des relations avec l’ARP : Lazhar Akremi (Avocat, il était attaché de presse au sein du ministère de la Justice entre 1992 et 1994. Il était ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, chargé des Réformes du 1er juillet 2011 jusqu’au 24 décembre 2011. Il est député de Nidaa Tounes).
>Ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des relations avec les instances constitutionnelles et la société civile : Kamel Jendoubi, (Titulaire d’un diplôme de l’Institut d’Administration des Entreprises de Paris et ancien président de l’ISIE en 2011, et du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme).
>Secrétaire général chargé du Gouvernement : Ahmed Zarrouk, PDG de l’Imprimerie officielle de la République tunisienne, depuis 2012.

Les secrétaires d’Etat

>Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances : Boutheina Ben Yaghlane (députée Ennahdha)
>Secrétaire d’Etat chargée de la fiscalité et des prélèvements : Habiba Louati
>Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur chargé de la sûreté nationale : Rafik Chelli
>Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur chargé des collectivités locales : Hedi Mejdoub
>Secrétaire d’Etat chargé des biens confisqués et des affaires foncières : Neila Chaâbane
>Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères : Mohamed Ezzine Chleyfa
>Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargé des affaires arabes et africaines : Touhami Abdouli (député Front National du Salut)
>Secrétaire d’Etat auprès du ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale : Lamia Zribi
>Secrétaire d’Etat auprès du ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, chargé de la coopération internationale : Amel Azzouz
>Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Equipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire chargé de l’habitat : Anis Ghedira
>Secrétaire d’Etat à la production agricole : Amel Nafti
>Secrétaire d’Etat à la pêche : Youssef Chahed
>Secrétaire d’Etat à l’environnement : Ben Aissa Laâbidi
>Secrétaire d’Etat à l’immigration et à l’intégration sociale : Belgacem Sabri
>Secrétaire d’Etat chargée du dossier des blessés et martyrs de la révolution : Majdouline Cherni
>Secrétaire d’Etat chargée de la remise à niveau des établissements hospitaliers : Nejmeddine Hamrouni
>Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la jeunesse et des sports chargé de la jeunesse : Lotfi Terzi

Le gouvernement Essid plus apte à être validé,
éventuellement avec 163 votes

Le vote de confiance au gouvernement d’Habib Essid aura lieu, ce mercredi 4 février  au Bardo à partir de 10h du matin.

Conformément à la constitution, le nouveau gouvernement, formé par Habib Essid, devra obtenir la confiance de la majorité absolue, c’est-à-dire 109 voix minimum, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), et ce après avoir présenté un bref exposé de son programme devant les membres de l’ARP (Assemblée des représentants du peuple).

Contrairement à la première composition, cette fois-ci, avec les 86 sièges de Nidaa Tounes, 69 du parti Ennahdha, les 16 de l’UPL et les 8 de Afek Tounes, M. Essid pourrait avoir déjà 179 votes minimum, assurant ainsi la validation de son gouvernement au parlement.

Habib Essid a été désigné le 5 janvier dernier par le parti Nidaa Tounes, vainqueur des législatives du 26 octobre 2014, pour former le nouveau gouvernement.

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