Opération coup de poing contre le Club des journalistes, désormais interdit de vendre de l’alcool!

Club des journalistes (photo - l'économiste maghrébin)On s’y attendait quelque peu ! Le Club des Journalistes situé à l’avenue Habib Bourguiba vient d’être envahi par des policiers en civil où ils ont confisqué les boissons alcoolisées et interdit leur consommation en ces lieux.
Il semble que les agents de la sécurité agissaient sur ordre du gouverneur de Tunis qui a pris la décision d’interdire la vente de l’alcool dans ce club dédié aux journalistes.

Il ne s’agissait pas d’une surprise en soi dans la mesure où une tentative de fermeture a déjà eu lieu au mois de janvier dernier lorsque le gouverneur s’était contenté de notifier une décision similaire, décision prise suite à une plainte d’un des locataires de l’immeuble en question.

A l’époque, les intéressés ont rencontré le gouverneur qui leur a réitéré sa volonté de fermer le bar faisant fi de leurs justifications fondées sur le fait qu’il s’agissait d’un club qui pouvait exploiter ce genre d’activité, une activité qui existe depuis au moins deux décennies. Il faut rappeler qu’une partie des recettes de ce club est reversée dans un fonds d’entraide aux journalistes.

Cette fois, le gouverneur a opté pour une opération plus spectaculaire, une opération coup de poing pour mettre fin à cette pratique qui témoigne de l’acharnement des pouvoirs publics contre les journalistes et qui constitue, en outre, à la liberté des citoyens et de leur mode de vie et de comportement.

Selon les derniers éléments de cette affaire, toutes les boissons, alcoolisées, gazeuses et même l’eau minérale ont été saisies alors que deux employés du Club ont été entendus avant d’être relâchés par les agents de l’ordre.
Mis au courant de cette affaire, Zied El Heni, du syndicat des Journalistes, a contacté le ministère de l’Intérieur voire le ministre lui-même, qui ne serait pas au courant de cette affaire. Demain, le ministère de l’Intérieur devrait se pencher sur cette saisie au sein du Club des journalistes, mais en attendant, le Club restera fermé sur décision du fonds d’entraide entre les journalistes tunisiens.

Il faut rappeler que la commercialisation des boissons alcoolisées est permise dans tous les clubs corporatistes comme le club des avocats, celui des anciens de l’ENA, et bien d’autres !
Faut-il voir dans cette décision le déclenchement d’une campagne visant tous les autres clubs similaires ou restera-t-elle limitée aux journalistes ?

En tous les cas, il s’agit d’un précédent dangereux pour nos libertés qui dénote encore une fois de l’absence de neutralité des structures administratives, des structures qui auraient mieux fait de se préoccuper de résoudre les problèmes plus urgents des citoyens que d’entamer une campagne de «moralisation» !

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