Chaussures et LPR en l’honneur de Sihem Badi

Manif devant le ministère de la Femme (photo webdo.tn 29-03-2013) (19)

Comme annoncée sur les réseaux sociaux, une manifestation (toujours en cours…) a été organisée ce matin face au ministère de la Femme et des affaires de la famille pour un lancer de chaussures collectif.

Dès 10H30, un rassemblement a commencé à se former constitué principalement de femmes venues retrousser leurs manches et appeler la ministre Sihem Badi à démissionner notamment suite à ses déclarations en marge du viol de la petite fille de 3 ans dans un jardin d’enfants.

Des slogans d’abord hostiles à la ministre ont commencé à fuser, des pancartes de fortune ont été brandies et dans un coin du bâtiment servant de ministère, des chaussures se sont amoncelées.

Un service d’ordre barrait l’entrée du ministère alors que les manifestants soutenus par des militants comme Lina Ben Mhenni commençaient petit à petit à hausser la voix. «Badi dégage», pouvait-on entendre ou encore «Marzouki, démission… et emmène avec toi Badi !». Les journalistes présents en masse, filmaient attendant le moment tant attendu, le lancer de chaussures.

Des chaussures ont bien été brandies en l’air à l’adresse du bâtiment duquel regardaient parfois les employés du ministère. Mais pas la moindre trace de la ministre qui, selon certains, aurait rebroussé chemin après avoir eu écho de ce qui se passait en face de son «enceinte». Après vérification, une source du ministère nous avouera que Sihem Badi est bien présente et qu’elle est en réunion !

Une ambiance bon enfant régnait devant le ministère jusqu’à l’arrivée d’un groupe de personnes. Des membres de la ligue de protection de la Révolution, venus, eux aussi prendre part à la manifestation et surtout défendre leur ministre, comme certains diront. Et là aussi, les slogans ont commencé à fuser louant le patriotisme de Sihem Badi et Mehrezia Laabidi.

Puis, un moment de confusion s’en est suivi. Les slogans criés ici et là sont devenus inaudibles ; les deux groupes se sont mélangés dans cette confusion provoquant quelques accrochages verbaux. Puis, chacun a repris sa place, les anti-Badi à droite et les pro-Badi à gauche. Face à eux, des forces de l’ordre en position d’observation.

Et c’était à qui criait le plus fort ! Cette situation a duré de longues minutes, chaque camp ruminant en sourdine son animosité vis-à-vis de l’autre. De temps à autre, des véhicules tentaient de se frayer un chemin parmi les manifestants ce qui provoquait parfois des disputes comme ce taximan qui a perdu le contrôle de ses nerfs et a voulu s’en prendre à ceux qui lui barraient la route.

Dans ce brouhaha, et la multitude de slogans criés, on en aura vu et surtout entendu de tous les genres : les uns et les autres, selon leur positionnement, criaient des slogans contre Ghannouchi, Ennahdha ; d’autres exigeaient la vérité sur l’assassinat de Chokri Belaid ; d’autres encore criaient leur haine du RCD, de Ben Ali, etc…

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