Le premier Hackerspace tunisien vient de voir le jour

Bien avant la révolution, certains Tunisiens en parlaient, mais c’est finalement après presque un an jour pour jour que le premier Hackerspace tunisien a vu le jour. L’idée, qui est une sorte de « La cantine française» 100 % tunisienne, a été mise sur le tapis, mais faute de local et de fonds elle n’a pas pu être concrétisée.

Tout d’abord, force est d’introduire la notion de Hackerspace. Comme son nom l’indique c’est un espace de hacker, mais le mot hacker ne veut pas dire pirater. Loin de cette notion d’illégalité, le Hackerspace se veut un local où des gens ayant des idées identiques et développant les mêmes centres d’intérêt, se réunissent pour un travail collaboratif. Une sorte de laboratoire communautaire ouvert à tous.

L’idée de Hackerspace est peu répandue dans le monde arabe. C’est un concept nouveau, dans le sens où les communautés du monde de la technologie et de l’informatique demeurent encore toutes récentes pour cette région du monde. Par exemple, les communautés défendant des projets Open Source où les logiciels libres fleurissent tout juste et commencent depuis à peine deux ou trois années à « médiatiser » leurs travaux et faire appel de manière massive à des contributeurs et à des passionnés afin de les joindre.

Et c’est finalement en Tunisie au sein du local de l’association Nawaat que le premier Hackerspace arabe a vu le jour grâce, entre autres, à l’initiative de Chemseddine Ben Jemaa, figure phare de la communauté Open Source tunisienne, les responsables de l’association Nawaat qui ont accepté d’ouvrir leurs locaux à l’initiative ou encore au fameux Slim Amamou. Suite à leurs appels, beaucoup de passionnés ont approuvé l’initiative et le groupe commençait à s’agrandir chaque jour un peu plus. Beaucoup de jeunes, notamment des lycéens et étudiants membres de la communauté Open Source tunisienne, mais également des militants tunisiens du côté des libertés numériques, ont rejoint le groupe.

Après plusieurs réunions, en général les samedis après-midi, les hactivistes ont décidé d’organiser un Hackathon qui a débuté le jeudi 22 décembre pour se clore le samedi 24 décembre. Un « codesprint » a été lancé durant ces trois jours afin de développer les outils et les plateformes nécessaires pour les propositions précédemment développées.

Au menu : Open Gov, open data, liberté numérique et défense des internautes. Le samedi 24 en après-midi, les projets ont été présentés. Le local était plein à craquer. Des personnalités telles que Moez Chakchouk, directeur général de l’agence tunisienne d’Internet (ATI) ou encore des blogueurs tels que Mehdi Lamloum, ont été de la partie. Tout le monde discutait les idées suite à la présentation effectuée par une personne désignée par chaque groupe de travail.

Et ça a été plutôt fructueux. Des projets très intéressants ont vu le jour. On citera le lancement d’un Telecomix tunisien (telecomix.tn). Ce projet englobe un groupe de travail qui aura pour mission de mener des opérations contre la censure et pour la sauvegarde des libertés numériques. Il y a aussi le projet de GovSearch, un moteur de recherche proposant des sites gouvernementaux tunisiens.

Et dans un registre plus juridique que technique, Slim Amamou a parlé d’un nouveau lancement de travail du côté du parti pirate tunisien. Les militants concentreront leurs travaux en premier lieu à écrire leur statut (refusé à plusieurs reprises) afin d’officialiser le parti d’un point de vue juridique. L’objectif du parti sera de faire pression du côté du gouvernement et d’opérer afin de « hacker » les textes juridiques.

Un wiki a été mis à la disposition du public (hackerspace.tn) afin de suivre l’avancement de l’initiative. Affaire à suivre alors !

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