Bardo 1 : du mardi au samedi

Bardo 1 : du mardi au samedi

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Pour ceux qui se sentent un peu dépassé, voici un petit récap :

Mardi (28/11/11) suite au live tweet et aux informations qui ont « filtré » du brouillon de règlement interne proposé par la Troïka, un appel a été lancé, le soir, à une manifestation devant le siège de l’Assemblée Constituante. Un appel signé certes par des forces politiques n’ayant pas eu un grand succès, soutenus par d’autres associations et mêmes des mouvements à l’instar du mouvement 24 octobre qui se proclame initiateur du sit-in.

Mercredi, la manifestation a eu lieu. Évènement qui a coïncidé (un hasard ?) avec l’arrivée des indignés du bassin minier de Gafsa. Des tentes ont été installées, le sit-in se voulant similaire à son aînée et tant historique Kasba …

Jeudi, un tournant sans doute : les appels des UGET et UGTT de certaines facultés et écoles à sortir en masse pour manifester contre l’agression du doyen de La Manouba. Manifestation qui a vu apparaître beaucoup de slogans anti niqab et d’autres ridiculisant le porte-parole officiel (désigné aussi comme le nouveau Bsaiess par beaucoup) d’un parti islamiste ayant eu la majorité à la Constituante (si tu ne comprends pas mes dires, passe ton chemin). Le mouvement étant devenu beaucoup plus populaire suite à la grande médiatisation de la manifestation anti obscurantisme, beaucoup de nouvelles tentes ont été installées pour soutenir le mouvement baptisé désormais Bardo 1 (to be continued ?).
Le soir même le sit-in se fait attaquer : jets de projectiles, tentes arrachées et vivres pillées. Attaque revendiquée par « des citoyens du voisinage qui ont été gêné » selon la vidéo éditée sur FB… Vidéo aussi parlant de « sitineurs de la vodka ». Ce qui est étrange c’est que quelques-uns de ces « citoyens libres », traitant les sitineurs d’ivrognes, étaient complètement bourrés et accusaient les autres d’être des mécréants (zazar i3adhem 3ala mreguzi).

Vendredi, jour saint, le sit-in continue à attirer des curieux et des sympathisants. Mais un peu plus tard, en après-midi, des sympathisants islamistes sont venus faire écouter leurs voix soutenant le niqab et appelant à liberté de leurs « sœurs » et leurs droits à l’éducation. Une fois arrivé sur place, le mouvement s’étoffe. Deux camps se forment et on remarque déplorablement de nouveaux jets de projectiles. Le calme revient la nuit. Les sitineurs du mouvement Bardo1 se réorganisent et de nouvelles tentes sont installées.

Samedi, appel relayé par les pages Facebook pour mener une contre-manifestation et discréditer le mouvement Bardo1. Un appel à soutenir la majorité, revendiqué par des pages pro-nahdhaoui que le mouvement lui-même rejette et appel via un communiqué officiel de ne pas y participer.
Divisées en deux avec les grillages afin de laisser la route libre et ne pas entraver la circulation automobile, les deux « masses » sont séparées. La police et le « conseil de protection de la révolution » essayant tant bien que mal d’éviter tous dérapages. Des provocations individuelles d’un côté comme de l’autre. Quelques pancartes hors contexte et des chants de stade transformés n’ont servi qu’à rendre l’ambiance plus électrique.
Le débat dérive et prend une tournure « religieuse », les pro-nahdha, étant là surtout pour répondre à la manifestation de jeudi sans connaître pour autant les revendications officielles du sit-in. Rejoint par quelques jeunes et d’autres « barbus » nous rappelant ceux de La Manouba, le mouvement pro-Nahdha s’élargit et les provocations s’intensifient d’où la parution d’un communiqué du mouvement Bardo1. Tard l’après-midi, les choses se précipitent : des jets de projectiles et de pierre d’un côté, et l’appel à la retenue de l’autre, dont les sympathisants se réfugient dans les tentes. Les tentatives de certains pro-islamistes pour contenir les protestataires sont vaines. La police charge avec des jets de lacrymogènes pour disperser les deux foules et poursuivre certains jeunes « fouteurs de trouble ».
Un air de panique au Bardo, le calme revient un peu plus tard. Le soir est sans incident majeur. Les sitineurs du Bardo1 ayant passé la nuit là-bas.

Dimanche, Le Bardo se réveille doucement : les sympathisants des deux côtés se regroupent à nouveau. Le mouvement Ennahdha nie toute implication dans les incidents de la veille et condamne la violence pendant que le côté opposé appelle l’UGTT à prendre ses responsabilités vis-à-vis du sit-in.

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