Les membres de Bakchich étaient espionnés par le RCD en France

Les membres de Bakchich étaient espionnés par le RCD en France

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Les documents du 36 rue Botzaris à Paris risquent vraiment d’en embarrasser plus d’un. En les attendant, voici des documents provenant de Marseille et que nous avons obtenus.

Le RCD avait, dans cette ville du sud de la France, une “Cellule de Veille” dont la mission semblait être ni plus ni moins que de l’espionnage et de la surveillance des activistes anti-Ben Ali.

Le premier document est une copie d’un email d’une personne basée à Marseille adressée au secrétaire général du RCD. Le nom de l’expéditeur, membre du Comité Central du RCD, est ici barré. Notre source donnera le document original à la justice.

L’objet de l’e-mail est la “cartographie” du réseau autour de Bakchich, l’un des quelques médias français n’ayant pas été trompés ou achetés par l’ATCE afin de véhiculer l’image de la belle Tunisie de Ben Ali.

Bakchich s’était distingué par sa critique virulente de Ben Ali et de son régime. Son directeur de rédaction n’était autre que Nicolas Beau, coauteur du fameux livre “La régente de Carthage”. Il est à noter que Bakchich a été placé en liquidation judiciaire le 26 janvier dernier.

Parmi les animateurs du site, figurent Catherine Graciet, l’autre co-auteur de “La régente de Carthage” ainsi que le tunisien Slim Bagga.

Dans cet e-mail, le chef de la cellule indique que son équipe de veille “approfondira dans les prochains jours, l’analyse des comportements des membres et animateurs de ce site”.

L’e-mail est daté du 16 octobre 2009, moins d’un mois après la sortie du livre “La régente de Carthage, main basse sur la Tunisie”.

Le destinataire, Mohamed Ghariani, secrétaire général du RCD l’a imprimé et transféré à un tiers, un ex-ministre de l’époque Ben Ali.

Ces documents sont des preuves contre trois personnes de l’ancien régime. Deux sont déjà en prison et l’autre n’aurait pas été inquiétée jusqu’à ce jour. Comme cette dernière, beaucoup étaient employées dans les ambassades tunisiennes et beaucoup y travaillent encore.

Mohamed Ghariani était lui même ambassadeur de Tunisie à Londres, avant de devenir secrétaire général du RCD. Il a été l’un des acteurs principaux d’un autre complot que nous révélions sur webdo en mars dernier.
Les documents du 36 rue Botzaris ne peuvent que comporter des éléments compromettant d’autres personnes directement impliquées dans la surveillance et harcèlement des anti-Ben Ali.

Ceci s’étant déroulé sur territoire français, contre des Français, les autorités française ne peuvent qu’être dans l’embarras si des documents venaient à sortir.

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